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lundi 9 juin 2008

Pommes d'amour

Jusqu'à la moitié du dix-huitième siècle, ce fruit rouge que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de tomate était désigné, en France, sous le nom de pomme d'amour. D'où lui venait cette appellation ? Certains prétendent que c'est sa couleur rouge, évoquant la passion, qui aurait valu ce nom au fruit que l'on croyait aphrodisiaque (après l'avoir longtemps cru toxique, mais ce n'est pas forcément contradictoire). D'autres affirment que le nom est plutôt une traduction de l'italien, pomo d'amore. Aujourd'hui, les Italiens appellent simplement pomodoro ce fruit qui a donné, du Nord au Sud ou vice-versa, son caractère à toute leur cuisine. En ce qui me concerne, je n'aurais aucune difficulté à lui donner aujourd'hui encore son nom poétique de pomme d'amour. D'ailleurs, la coupe transversale de la tomate n'évoque-t-elle pas la forme d'un coeur ?

Entre elle et moi, c'est une véritable histoire d'amour qui dure depuis longtemps, quelques dizaines d'années, je dirais. J'aime sa couleur tonique, j'aime son goût et la texture de sa chair, à la fois douce et ferme... Aliment indispensable à mon petit déjeuner, sa couleur rouge anime mon assiette tous les matins, sans exception. Ces dernières semaines, cependant, cet amour s'est accentué encore, se transformant en passion dévorante.

Depuis novembre dernier, je crois, j'ai rarement acheté des tomates fraîches car, peu importe leur provenance et quel qu'en soit le prix, elles ont la texture et le goût du plastique. J'achète plutôt les tomates italiennes en boîte, d'une certaine marque à l'exclusion des autres. Elles n'ont pas la texture ferme et tendre des tomates fraîches, mais elles en conservent la couleur vibrante et le goût. Je ne saurais dire ce qui s'est passé en moi ces derniers mois, mais j'ai sans cesse le goût de manger des tomates, au petit déjeuner, le midi, le soir, entre les repas ; dès que j'ai faim et que le repas n'est pas encore prêt, j'ouvre la porte du réfrigérateur et je me sers une ou deux tomates sur lesquelles je mets parfois un peu de basilic et d'huile d'olive, parfois rien. En hors-d'oeuvre, en entrée, à toutes les sauces dans la cuisine, la tomate m'est aussi indispensable qu'à d'autres un morceau de pain ou un verre d'eau. Elles répondent peut-être à une carence en moi, à un déséquilibre sanguin, je ne saurais dire (il faudra que j'en parle à mon médecin personnel) ; à moins que ce ne soit plutôt la forme et la couleur de la tomate, associées à son nom du dix-huitième, qui m'appellent à l'amour. Dans un cas comme dans l'autre je ne résisterai pas du tout ; je réponds : présent !

Dès que la faim se pointe, certains se jettent sur les croustilles ou sur le chocolat, d'autres sur le brocoli ou les carottes (je recommence à manger aussi des carottes crues), moi c'est sur les tomates. Et vous, vous avez un aliment dont vous ne sauriez vous passer ?


Pour voir comment au Japon on tranche une tomate,
cliquez ici (c'est silencieux)

Pour entendre la tomate s'exprimer en musique

Ou si vous préférez la vôtre en ch'ti et en images

Mais si vous préférez des fruits plus sucrés, Bourvil vous offre sa salade de fruits.