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samedi 20 septembre 2008

Ce qu'ils sont bêtes !

Il y a près de trois mois, un coq avait été condamné à l'exécution par la justice française parce que l'éclairage public lui faisait prendre la nuit pour le jour et qu'une voisine l'avait accusé de tapage nocturne. Moins de deux semaines plus tard, la justice suisse exigeait qu'un autre coq soit enfermé toute la nuit dans une cage insonorisée. Cela rappelle les procès que l'on faisait aux animaux vers la fin du Moyen-Âge. Hier, l'Agence France-Presse rapportait qu'en Égypte, un âne avait été condamné à la prison pour vol.



Un âne égyptien a été condamné à vingt-quatre heures de prison pour avoir subtilisé du maïs dans un champ du delta du Nil, a indiqué jeudi le quotidien pro-gouvernemental Al-Ahram.
La bête a été arrêtée en possession d'épis de maïs appartenant à un centre de recherches agricoles de la région.L'animal et son propriétaire ont été appréhendés à un barrage de police, érigé sur la route après que le directeur du centre eut porté plainte pour vol.
Le propriétaire de l'âne voleur a été, lui, condamné à 50 livres égyptiennes d'amende.
Le journal n'a pas précisé si la condamnation d'un animal était une première en Égypte.


Je connais quelqu'un qui, à la maison de campagne au Québec qu'il partage avec son amoureux, garde un âne et un poney ; il adore vraiment ces deux bêtes. Il m'en parle avec tant de respect et de tendresse qu'il me donnerait envie d'avoir des animaux aussi si j'avais une maison de campagne ; je le soupçonne d'avoir une préférence pour son âne. J'imagine qu'il a des voisins intelligents et qu'il se tient loin des juges car il n'a jamais eu de problèmes avec la justice et ni son chien, ni son poney ni son âne n'ont causé d'histoire, sinon des histoires attendrissantes.

On a l'habitude de dire de quelqu'un d'un peu stupide qu'il est bête. À lire toutes ces histoires de procès et de condamnations à l'égard des animaux, on se dit que les plus stupides, ce ne sont pas les bêtes et que, si les humains continuent de qualifier de bêtes les personnes stupides, les animaux intenteront bientôt des procès contre les humains pour atteinte à leur dignité. Se faire qualifier de bête sera alors un hommage que les animaux refuseront aux humains.

Toutefois, et l'on pourra en sourire et ne pas être d'accord, certains pensent que le fait d'intenter un procès à des animaux est une marque de « respect envers l'animalité » et une forme de « reconnaissance de leur droit à l'existence ». Remy de Gourmont écrivait en 1914 un texte en ce sens, intitulé les animaux et la justice.

vendredi 4 juillet 2008

Du coq aux ânes


Après la France, voici que la Suisse sévit contre un coq qui ose chanter. Quand donc les tribunaux s'en prendront-ils aux hommes politiques qui, orgueilleux comme des paons, se prennent pour des coqs ?


Selon l'AFP
La justice suisse a imposé à un coq d'être enfermé la nuit dans une cage insonorisée afin de laisser le voisinage dormir en paix, a rapporté vendredi l'agence de presse ATS.

Les parois devront mesurer au minimum huit centimètres d'épaisseur et être isolées avec de la laine de verre, a précisé le Tribunal administratif du canton du Tessin (sud). L'animal sera confiné dans la cage toutes les nuits entre 22 heures et 7 heures du matin.

Cette décision met fin à une bataille de cinq ans entre la mairie du village de Sant'Antonio, alertée par un couple du voisinage, et le propriétaire du coq.

Les autorités communales avaient d'abord ordonné au propriétaire d'enfermer le volatile dans un poulailler, mais cette mesure s'était révélée inutile.

mercredi 25 juin 2008

Cocorico, le chant du cygne


À Drocourt, commune de 407 habitants, près de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, un jeune coq a bien failli exécuter ces jours-ci son chant du cygne. Perturbé non pas par les rayons de la lune mais plutôt par l'éclairage public dans la municipalité, le volatile avait pris l'habitude de chanter en pleine nuit. Convaincue que la nuit est faite pour dormir dans le silence, l'une des voisines de l'agriculteur poursuivait celui-ci pour tapage nocturne. Le tribunal de police de Mantes-la-Jolie avait condamné à mort le coq du village et Coco, c'est son nom, devait être exécuté le 24 juin, jour de la Saint-Jean.
L'agriculteur, qui produit du blé à Drocourt, possède douze poules et un coq. Il s'est présenté hier devant le tribunal de police pour expliquer qu'il n'avait pas tué son coq comme le lui ordonnait le tribunal mais qu'il avait installé autour du poulailler des volets qui permettent de réduire l'éclairage public près de la chambre de Coco et de ses compagnes. Ne voyant pas la lumière artificielle, le jeune coq attendra le lever du jour pour lancer son chant triomphal. Le tribunal a estimé cette mesure suffisante, d'autant plus qu'il n'y avait pas eu d'autre plainte au sujet du chant nocturne. Le tribunal a gracié le coq et relaxé son propriétaire. Oubliant le chant du cygne, Coco pourra donc entonner chaque matin son cocorico et continuer d'assurer le bonheur des poules.

Ce n'aurait pas été la première fois qu'un coq aurait été condamné. En 1474, un coq a été condamné à être brûlé, par sentence d'un magistrat de Bâle, pour avoir pondu un œuf. Dans le même ordre, voici quelques autres condamnations recensées par Barnabé Warée, dans son ouvrage Curiosités judiciaires, historiques, anecdotiques, recueillies et mises en ordre par B. Warée, Paris, A. Delahays, 1859) :

- 1488 - Becmares (charançons) : les grands vicaires d'Autun mandent aux curés des paroisses environnantes de leur enjoindre, pendant les offices et processions, de cesser leurs ravages et de les excommunier.
- 1497 - Truie condamnée à être assommée pour avoir mangé le menton d'un enfant du village de Charonne. La sentence ordonna en outre que les chairs seraient coupées et jetées aux chiens, et que le propriétaire et sa femme feraient un pèlerinage à Notre-Dame de Pontoise le jour de la Pentecôte.
- 1499 - Taureau condamné à la potence par jugement du bailliage de Beauprès (Beauvais) pour avoir, en fureur, occis un jeune homme.
- 1500 - Sentence de l'official contre les charançons et les sauterelles qui désolaient le territoire de Millieze.
- 1585 - Le grand vicaire de Valence fait citer les chenilles devant lui, leur donne un procureur pour les défendre, et finalement les condamne à quitter le diocèse.