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lundi 2 novembre 2009

Vous souvenez-vous de nous ?

L'image vient d'ici

...
L'enfant dont la mort cruelle
Vient de vider le berceau,
Qui tomba de la mamelle
Au lit glacé du tombeau ;
Tous ceux enfin dont la vie
Un jour ou l'autre ravie,
Emporte une part de nous,
Murmurent sous la poussière :
Vous qui voyez la lumière,
Vous souvenez-vous de nous ?

Ah! vous pleurer est le bonheur suprême,
Mânes chéris de quiconque a des pleurs !
Vous oublier c'est s'oublier soi-même :
N'êtes-vous pas un débris de nos coeurs ?

Alphonse de Lamartine


Après l'Halloween et la Toussaint vient le jour de la commémoration des défunts.

Nous n'avons pas besoin d'une journée particulière pour se souvenir de ceux que nous aimons mais en ce jour précis, il convient de penser à ceux qui nous ont quittés.

Alexander est toujours, à chaque instant, dans mes pensées, dans mon coeur, dans ma chair, dans mon âme. Où que je sois, quoi que je fasse, il m'accompagne ; mieux : il vit en moi.

Pour souligner cette journée particulière, Jane s'est rendue chez Charles, le frère d'Alexander, où une cérémonie aura lieu pour se souvenir d'Alexander, bien sûr, et de toutes les personnes aimées trop tôt disparues.

J'y serai présent de tout mon coeur, de toute mon âme. J'y serai concrètement puisque Jane a eu la très délicate attention de commander en mon nom, en même temps que les roses qu'elle commandait en son nom, un arrangement de roses roses en forme de coeur. Elle y aura ajouté un petit renard, celui qui s'est fait apprivoiser par le Petit Prince.


En rentrant chez moi, en fin de journée, je passerai aussi chez le fleuriste pour y choisir d'autres roses roses, celles qu'aimait Alexander. Elle viendront accompagner, autour des images de celui que j'aime et de quelques objets auxquels il est intimement associé, les bougies que tous les soirs j'allume parce qu'elles représentent le feu, qui symbolise la lumière, la passion, l'esprit, la connaissance, mais aussi la purification, la régénération.

dimanche 2 août 2009

La prière des roses

« Je vous salue, ô roses, étoiles solennelles.
Roses, roses joyaux vivants de l'infini,
bouches, seins,vagues âmes parfumées, larmes, baisers,
grains et pollen de lune, ô doux lotus sur les étangs de l'âme,
je vous salue, étoiles solennelles. »
La prière des roses, Federico Garcia Lorca

Tous les jours, depuis juin 2008, j'ai envoyé à Alexander au moins une rose (virtuelle) chaque jour. Même quand il était à l'hôpital, Alexander recevait ses roses car Jane lui imprimait tous mes messages, qu'il lisait et relisait, dormant avec eux, ainsi que les images qui accompagnaient les mots. Après son départ, ces fleurs recouvraient son lit, ce lit qui a abrité tant de rêves, tant de poésie, tant de lectures, tant de projets, tant de larmes, mais aussi tant d'amour (au singulier).
C'est peut-être le Petit Prince en lui qui aimait tant la rose, la reine des fleurs.

« Dans le langage des jardiniers, les plantes crèvent,
mais les roses meurent. »
Julien Green

vendredi 15 mai 2009

Le jardin de mon coeur

Au retour de mon premier et plus long séjour à Paris, pour tenter d'oublier ma peine et d'occuper le mieux possible le temps que je devrais passer à Montréal avant de pouvoir repartir, je me suis plongé dans les livres. Ma bibliothèque personnelle était vraiment très pauvre, comme moi, sauf que, moi, je voulais croire que j'avais beaucoup de potentiel (tout en me disant que si je faisais quelque chose de ma vie, ma bibliothèque en profiterait, qu'elle s'enrichirait aussi), j'ai commencé à fréquenter la bibliothèque du quartier.

Une jeune fille qui y travaillait était souvent là pour répondre à mes questions quand je cherchais quelque chose que je ne trouvais pas. Nous nous parlions de plus en plus longtemps quand elle avait un peu de temps et très vite, j'ai commencé à l'attendre à la fin de sa journée de travail afin de poursuivre nos conversations qui, je le crains, étaient plutôt des monologues de ma part, à peine ponctués de questions ou de brefs commentaires de la part de mon interlocutrice. Je m'étais mis à lire des ouvrages de philosophie et cette jeune fille participait à mon propre discours sur le monde. Je ne dirais pas que nous étions les nouveaux Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir ; mon amie était moins bavarde que Simone.

La photo vient d'ici

Je me souviens qu'un soir, revenant de la bibliothèque, nous étions passés devant la maison du bibliothécaire en chef. Celui-ci était dans son jardin, à l'avant de la maison, en train de tailler ses rosiers. Nous nous étions arrêtés un moment pour parler avec lui ; cette fois-ci, c'est moi qui l'écoutais nous parler de son jardin, de ses rosiers. Si je voulais vous impressionner, je ferais une petite recherche sur Internet afin d'avoir l'air de connaître un peu les règles du jardinage, les différentes variétés de roses, etc.

Pendant que j'écoutais le bibliothécaire parler de ses rosiers, je ne pouvais m'empêcher de rêver au genre de vie qu'il devait mener. N'avait-il pas une situation de rêve ? Il vivait parmi les livres et les roses. Je dois dire que cette façon de vivre risquait de compromettre un autre rêve que j'avais commencé à échafauder : celui de devenir diplomate et d'obtenir un premier poste à Athènes d'où je pourrais rayonner pour aller à la découverte des racines de notre civilisation...

Je ne suis devenu ni diplomate, ni bibliothécaire, et pas même jardinier. Je n'ai même pas un balcon sur lequel je pourrais déposer quelques pots de fleurs. Je n'ai cependant jamais oublié le conseil de Candide : « il faut cultiver notre jardin ». Ni diplomate, ni bibliothécaire, ni jardinier, je suis cependant devenu amoureux et, depuis un an, j'envoie chaque jour au moins une rose virtuelle à mon amoureux. Il manque aux roses virtuelles leur doux parfum ; mais elles ont l'avantage de fleurir en toutes saisons et de rester toujours fraîches. L'imagination et le sentiment amoureux font le reste.

* * * * * * *

Ajout : Mon amoureux m'écrit que le parfum de mes roses emplit son coeur et sa maison. Ne suis-je donc pas le plus heureux des jardiniers ?

vendredi 1 mai 2009

Premier mai - jour de l'amour et du bonheur


Quelques brins de muguet et tous mes voeux de bonheur à l'occasion du premier mai.

« Le mois de mai est illustré par la fête du 1er mai, qui était alors la fête de l’amour : la tradition voulait qu'à cette occasion, les princes et seigneurs se rendent dans une forêt voisine pour y couper des rameaux dont on décorait ensuite les maisons et les rues.

Les membres du cortège portent des couronnes et des colliers faits de feuillage; ils sont précédés par des musiciens jouant de la flûte ou de la trompe. »


La ballade ci-dessous a été composée par Charles d'Orléans :

« Le Dieu d'Amour est coutumier,
À ce jour, de fête tenir,
Pour amoureux coeurs fêter
Qui désirent de le servir;
Pour ce fait, les arbres couvrir
De fleurs et les champs de vert gai,
Pour la fête plus embellir,
Ce premier jour du mois de mai »
.

mardi 28 avril 2009

Printemps ou été ?

Il y a quelques jours encore, on ne voyait autour de chez moi que quelques pauvres fleurs, les plus braves cependant, les toutes premières à « casser la glace ». Or, ces deux ou trois derniers jours, d'autres sont arrivées. J'ai vu, hier, pour la première fois les premières feuilles apparaître aux branches des arbres.

Après avoir mangé avec une amie, hier midi, nous sommes allés prendre l'air au parc. Il nous a fallu trouver de l'ombre car le soleil frappait fort et il faisait très chaud. Les gens autour de nous, garçons et filles, étaient allongés sur le gazon encore timide pour se faire chauffer au soleil pendant que d'autres, un peu plus loin, jouaient au ballon dans le sable, pieds et torse nus.

J'aime le printemps pour le renouveau qu'il apporte, pour les feuilles aux arbres après un hiver rigoureux, pour les fleurs qui garnissent les jardins urbains, si tristes en hiver. Mais je préfère la fin de l'été et le début l'automne, quand il fait beau le jour et frais la nuit. Au cours de la journée, hier, le mercure aura atteint 30 degrés Celsius ; je n'aime pas spécialement ces grandes chaleurs et, pour moi, c'est trop tôt. Je sais qu'il ne faut pas trop se plaindre car nous trouvons que l'hiver est déjà trop long. Mais passer, du jour au lendemain des journées froides aux journées très chaudes, c'est trop.

Je voulais prendre des images des nouvelles fleurs dans les jardins, des jeunes feuilles dans les arbres, mais j'avais oublié de changer les piles de l'appareil photo. J'essaierai de me reprendre au cours des prochains jours. La pluie d'aujourd'hui aura fait sortir la verdure et quelques fleurs supplémentaires.

Vous avez une saison préférée ? Laquelle ?

mardi 21 avril 2009

Un début de printemps...

Ces pauvres petites fleurs, aperçues il y a deux ou trois jours dans le jardinet d'une maison voisine, permettent de croire qu'il y aura bientôt un printemps à Montréal. Ce sont les premières que j'aie vues en 2009 ; hier, j'ai vu quelques jonquilles, un peu plus loin (il faudra me croire sur parole, car j'avais oublié mon appareil photo à la maison).

jeudi 1 mai 2008

Heureux premier mai

Le muguet, c'est le symbole, dit-on,
du retour du bonheur.

Qu'il soit de retour ou qu'il continue,
je vous souhaite à tous
beaucoup de bonheur
.




P. S. : Loin de moi l'idée de faire monter en flèches les statistiques de Gougeule, mais si vous y avez cherché une image de la fleur du jour, vous êtes probablement tombé, en première page, sur l'image d'un garçon dans une feuille de muguet, garçon qui, comme un très jeune bébé, attend dans sa nudité la plus candide qu'on lui mette sa couche. Sauf que le bébé doit avoir... vingt ans. Je ne m'attendais pas à recevoir ainsi ce... brun de muguet.

mercredi 2 avril 2008

Où sont les pâquerettes ?



Deux semaines après l'arrivée officielle du printemps, on voudrait voir les parterres reverdir et les premières fleurs éclore. Ce n'est pas encore le cas ici, loin de là.


J'avais ce matin un rendez-vous dans centre-ouest de Montréal, près de l'Université Concordia, où l'on n'a plus vraiment l'impression d'être au Québec car on ne parle pratiquement qu'anglais dans ce coin. Comme le soleil brillait dans le ciel bleu, j'ai cru que l'air était doux et que je pourrais faire le trajet à vélo. Je n'ai pas eu besoin de marcher très longtemps pour me féliciter d'avoir laissé le vélo à la maison car il ventait très fort et le froid polaire était mordant ; ce temps-là le 15 janvier, c'est normal, mais en avril, ça suffit !

En passant devant le Musée des beaux-arts, j'aurais voulu pouvoir faire quelque chose pour cette pauvre vache qui a passé l'hiver sous la neige et qui, au lieu de voir fleurir les pâquerettes au printemps, contemple la saleté étale incrustée dans la glace dont elle est prisonnière depuis presque six mois. Elle qui habituellement ne mâche pas ses mots est restée bouche bée devant le spectacle désolant de cette saleté noire et glacée.