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dimanche 1 novembre 2009

Une confusion toute sainte


Samedi après-midi, je parlais au téléphone avec un ami québécois francophile. Il m'a parlé des fêtes actuelles : Halloween, la Toussaint.

Cet ami sait bien ce qu'est Halloween ; il est l'un des amis qui avaient insisté, il y a plusieurs années, pour que je me costume et que je me joigne à eux comme je l'ai mentionné dans l'article précédent.

Mais au sujet de la Toussaint, je constate qu'il perpétue la confusion bien répandue en France entre la fête de tous les saints et la commémoration des fidèles défunts.

Alors que le premier novembre est la fête « au cours de laquelle sont honorés l'ensemble des saints reconnus par l'Église catholique », la commémoration des fidèles défunts est officiellement célébrée le deux novembre.

Toutefois, puisqu'en France la Toussaint est un jour férié et que la commémoration des défunts ne l'est pas, les Français ont pris l'habitude, le premier novembre, en profitant du jour de congé, de se rendre au cimetière pour fleurir la tombe de leurs chers disparus. Cette habitude a pour effet d'escamoter la fête du deux novembre et d'enlever son sens à la Toussaint.

mardi 25 août 2009

Anniversaires

Il me semble que c'était hier... Il y a pourtant un an, le 25 août 2008, je venais à peine de me réveiller, j'étais en train de préparer mon petit déjeuner, quand le téléphone a sonné : c'était un fleuriste qui voulait vérifier s'il y aurait quelqu'un pour recevoir les fleurs qui m'étaient destinées. Après avoir confirmé que j'y serais, j'ai raccroché, en me demandant qui donc pouvait bien m'envoyer des fleurs. À vrai dire, je m'en doutais un peu. Mais quand, dans les minutes qui ont suivi, j'ai vu arriver toutes ces magnifiques roses, j'ai tout de suite su qu'elles étaient de lui.

J'étais si heureux ! Et j'avais si hâte qu'il rentre à la maison, après une longue journée de travail à l'urgence et quelques heures passées au chevet de sa grand-mère qu'il avait fait admettre à son hôpital et qui allait y passer quelques semaines au cours desquelles Alexander serait là, chaque jour avant ou après son travail. J'avais hâte de le remercier et, comme je savais que sa journée aurait été difficile, j'avais hâte de pouvoir lui redire combien je l'aimais et d'essayer de lui faire oublier la fatigue, l'angoisse... Je ne sais pas si j'y parvenais toujours, mais je suis sûr que ces quelques heures de conversation que nous avions pratiquement chaque jour étaient pour lui, comme pour moi, des rendez-vous d'amoureux plus importants encore que l'alimentation et le sommeil. S'il prévoyait être en retard, ne serait-ce que de cinq minutes, il trouvait le moyen de me prévenir.

Cette journée d'anniversaire, l'an dernier, aura donc été faite de joie, de moments de tendresse partagée, mais je ne peux pas m'empêcher de penser aussi combien cette journée avait été difficile pour lui ; même s'il n'en parlait pas, je sentais la fatigue, l'inquiétude, l'angoisse. Je sais qu'il aurait voulu que nous puissions célébrer mon anniversaire dans d'autres conditions. Et moi je n'aurais voulu qu'une chose : pouvoir le serrer dans mes bras et lui faire oublier toute sa peine. Cette année, il n'y aura pas de fleurs, il n'y aura pas d'anniversaire, sinon l'anniversaire de cet anniversaire. Je penserai à tout l'amour que j'ai reçu, à tout l'amour que nous avons partagé, en essayant de ne pas trop penser à tout ce que nous n'avons pas eu le temps de vivre ensemble.

Quelques jours plus tôt, Alexander m'avait envoyé de Bordeaux une
carte postale, la première qui me livrait son écriture. Il avait mis tellement d'attention, tellement d'amour dans le choix de la carte, le choix du timbre... Je savais que rien n'était laissé au hasard : le violet de l'image reprenant la couleur que j'utilisais en lui écrivant, le timbre illustrant la fondation de Québec, son écriture au stylo-plume Montblanc... Je me réjouissais d'avance de ces quelques jours qu'il allait passer à Bordeaux, en pensant au château où il irait rencontrer le châtelain, voir la vigne et acheter du vin ; il m'avait dit vouloir, si c'était possible, assister à un ballet... Mais ce séjour avait été rendu difficile par l'inquiétude que lui avait apportée dès le premier matin un appel téléphonique venu d'Angleterre ; il avait vécu cette journée dans l'attente et l'anxiété. Le soir venu, même s'il ne voulait pas m'en parler, car Alexander essayait toujours de ne pas « embêter » les autres avec ses craintes, ses préoccupations, il m'avait écrit une longue lettre pleine d'amour que j'ai relue ces derniers jours et qui, malgré tout, laissait transparaître sa détresse. La journée avait été difficile, il était inquiet, il se sentait seul dans cette belle et grande ville (où il voulait retourner avec moi) et il aurait tellement voulu que je sois là pour le serrer dans mes bras. Quand il pensait à moi, disait-il, il sentait la force et le courage remonter en lui. Oui, j'aurais voulu être là ce soir-là, et tant d'autres soirs.

De Bordeaux aussi, il avait expédié un colis qu'il avait apporté de Londres et qui m'était destiné. Le colis contenait de nombreux petits objets, absolument charmants, chacun plein de sens et exprimant tout son amour, mais il contenait surtout
un adorable petit lapin à qui Alexander avait expliqué qu'il allait faire un long voyage, traverser l'Atlantique, et qu'il serait reçu par « un gentil monsieur » qui allait l'aimer toujours et lui donner tous les jours plein de câlins. Ce petit lapin a toute une histoire qui mériterait à elle seule un billet, que j'écrirai peut-être un jour. Il évoque notamment cet autre petit lapin. Quand vint le temps de lui trouver un nom, j'ai suggéré à Alexander une liste de prénoms qui, bien entendu, devaient être des prénoms anglais. Parmi eux, il y avait celui de « James » ; immédiatement, Alexander m'a dit que mon lapin ne pouvait pas s'appeler James car c'est ainsi qu'il appelle son aspirateur. Finalement, j'ai retenu le premier prénom auquel j'ai pensé, le plus beau de tous : Alexander. Mon merveilleux amoureux était content de ce choix. J'ai relu il y a deux jours plus de deux cents pages de correspondance (pour le mois d'août 2008 seulement, sans compter les heures de conversation quotidienne) ; dans l'un de ses messages, Alexander disait qu'il était heureux que j'aie donné son prénom à notre petit lapin car ainsi, disait-il, « je serai toujours près de toi, avec toi ». Ces mots prennent aujourd'hui un sens plus dramatique que celui que j'avais voulu comprendre il y a un an. De toute façon, Alexander dort avec moi toutes les nuits et il est avec moi à chaque instant.

mercredi 1 juillet 2009

Il y a 2 785 ans...

Lampadédromie (relais de flambeaux),
œnochoé attique du IVe siècle av. J.-C.,
musée du Louvre


Le premier juillet 776 avant J-C naissaient à Olympie les plus célèbres compétitions sportives. Les Jeux Olympiques avaient pour but de rapprocher les Grecs entre eux et de suspendre un moment les guerres entre les cités. On peut voir ici de jolies photos d'Olympie

Les athlètes vainqueurs de ces compétitions, organisées d'abord à Olympie et ensuite dans d'autres cités grecques, recevaient parfois des cadeaux de grande valeur. Mais quatre des principaux sanctuaires ne remettaient aux gagnants qu'un cadeau symbolique, une couronne (d'olivier tressé à Olympie, de laurier à Delphes, de céleri à Némée et de pin à Corinthe).

« Il n'était pas permis aux femmes mariées d'assister aux jeux masculins, parce que les hommes et les garçons y étaient nus. Mais les jeunes filles en avaient le droit et elles étaient nombreuses. » (Roger Peyrefitte, La jeunesse d'Alexandre)

Alexandre et Héphaistion assistèrent pour la première fois aux Jeux d'Olympie alors qu'ils avaient quinze ans. En tant que Macédoniens, ils n'étaient pas appréciés de tous les Grecs (encore aujourd'hui, bien que les Grecs modernes soient souvent fiers de dire qu'Alexandre le Grand était de chez eux, il semble qu'on ne s'entende pas pour dire si, oui ou non, les Macédoniens étaient des Grecs). Démosthène était l'un des plus farouches adversaires de Philippe II et de la Macédoine ; Alexandre adolescent, fils de Philippe, et son fidèle ami Héphaistion, n'étaient donc pas les bienvenus. « Alexandre bouillait de colère. Ses yeux, dont le droit était d'un noir très foncé et le gauche bleu-vert, lançaient des flammes. Ses longues boucles blondes, séparées par une raie médiane, frémissaient sur sa tunique de pourpre. Près de lui, vêtu d'une tunique verte, les cheveux noirs aussi bouclés et les yeux bleus, Éphestion, son inséparable, partageait son courroux. Ils étaient nés le même jour de la même année, il y avait quinze ans. Leur beauté était différente, comme leur taille : Alexandre était plus viril et Éphestion plus grand. Arrivés la veille à Olympie, ils étaient ce matin, au lever du jour, dans l'hôtel de ville, en face du comité olympique. Derrière les dix juges, ils apercevaient l'ennemi de la Macédoine, qui prétendait faire exclure des jeux l'attelage du roi Philippe venu concourir pour les grands jeux : l'Athénien Démosthène, le fils du fabriquant de couteaux de Péanie, village de l'Attique. » (Roger Peyrefitte, La jeunesse d'Alexandre)

* On aura remarqué que d'un texte à l'autre, l'orthographe de l'ami d'Alexandre peut varier ; à certains moments on écrit « Héphaistion » et à d'autres, « Héphestion », puis « Éphestion ».

Note : On se demandera peut-être pourquoi, en ce premier juillet, je ne souligne pas la Fête du Canada : ceux qui me connaissent un peu ne seront pas surpris. En tant que citoyen du Québec, mon allégeance va d'abord au Québec. Puisque le Canada ne me reconnaît pas comme faisant partie de l'un des deux peuples fondateurs du Canada et que cette confédération qui s'est transformée en État centralisateur qui ne respecte pas les compétences constitutionnelles du Québec en intervenant partout où il ne devrait pas, je ne célèbre donc pas sa fête. Le jour où le Québec sera respecté par le Canada, je soulignerai la Fête du Canada exactement comme je souligne la fête des Anglais, des Belges, des États-Uniens, des Français, des Suisses... Chaque nation, chaque pays mérite qu'on souligne sa fête nationale. Quand le Canada dépense au Québec seulement 85 % de son budget des célébrations du premier juillet, alors que lorsqu'il s'agit d'accorder du financement à des programmes au Québec le gouvernement du Canada rappelle que le Québec ne représente plus 25 % de la population du Canada. Il y a dans cette propagande canadienne éhontée un mépris envers les Québécois ; au Québec comme ailleurs, il y a des gens qui vendraient n'importe quoi, même leur conscience ou leur mère.

mercredi 24 juin 2009

Bonne Fête nationale, Québécois

Bonne Fête nationale,
Québécois de toutes origines !


Du 23 au 28 juin, des artistes locaux et internationaux s'assemblent pour l’inauguration du London Québec Culture Festival.
Cliquez ici pour en savoir plus.


Plus de 200,000 Canadiens et 300,000 Français résident à Londres. Du 23 au 28 juin, à l'occasion de ce festival, tous peuvent célébrer à Londres avec les Anglais.
Lieu : Rosemary Branch Theatre, 2 Shepperton Road, London N1 3DT
Métro : Old Street, Highbury & Islington or Angel (20 minutes de marche)
Bus : 76, 141, 21, 271, 38, 56, 73, 171A

Renseignements :
Box Office : 020 7704 6665 (24 heures)
Website : www.rosemarybranch.co.uk ou www.myspace.com/londonquebecfestival