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vendredi 20 novembre 2009

Poussière

« Parfois, des maisons et des choses
sont tellement tristes de sentir que,
par manque d'amour et de fierté, on les néglige.
Elles se recouvrent alors de poussière
pour qu'on ne les voit pas pleurer. »
Alexander

dimanche 4 janvier 2009

Pour saluer Harry (Potter)

Croyez-le ou non, il y a un mois encore, je n'avais jamais vu un seul des films de la série « Harry Potter », sauf des extraits à la télévision. Or, après en avoir parlé récemment avec quelqu'un que j'aime beaucoup, qui a vu tous les films et lu tous les livres de la série, et qui a plusieurs raisons, s'il en faut, d'aimer ces histoires, ces personnages, ces décors, ces paysages, j'ai eu envie de voir d'abord les films. J'ai regardé hier soir le quatrième de la série, « Harry Potter et la coupe de feu ». Je dois dire que j'y prends beaucoup de plaisir. Je ne regrette pas de ne pas les avoir vus avant car je les découvre en ce moment avec un immense plaisir que je n'aurais pas connu si j'avais regardé ces films il y a un an, par exemple. Je pensais regarder ce soir le cinquième film disponible mais ce soir mes pensées sont toutes tournées vers un autre Harry (non pas le jeune prince du même nom mais un chat merveilleux dont le nom complet est Harry Potter), et mon cœur est tout entier avec son fidèle ami et compagnon des treize dernières années.

Il y a quelques semaines, le 18 novembre dernier, plus précisément, j'ai parlé des problèmes de santé que connaissait Harry et qui inquiétaient au plus haut point son ami, avec raison. Puis, le 22 novembre, je remerciais la déesse Bast car Harry avait pris du mieux et repris des forces. Depuis lors, il semblait aller aussi bien que possible. Il avait retrouvé sa joie de vivre et continuait de faire le bonheur de son maître et de leur ami canin.

Parti à la campagne pour célébrer Noël, Harry y avait trouvé un charmant petit lit joliment aménagé par la grand-mère de son ami, une bouillotte pour le tenir au chaud. Il s'était même permis de manger quelques fleurs du bouquet qui souhaitait la bienvenue à lui et ses amis humain et canin. Un soir, en montant à sa chambre, mon amour avait vu avec émotion Harry dormir dans son propre berceau de bébé...

Or, hier soir, Harry a fait comprendre que ça n'allait plus, qu'il était temps de partir. Peu après être rentré d'une promenade dans la campagne, mon amour a constaté que Harry avait donné tout ce qu'il pouvait, que la prolongation de sa vie terrestre ne pourrait se faire que dans la souffrance. Comme il le lui avait promis, mon amour était là au moment critique ; comme il le lui avait promis, quand il fut clair qu'il n'y avait plus de retour possible, il a fait lui-même l'injection qui mettait fin à une souffrance aussi subite qu'irréversible.

Je ne connais pas beaucoup les chats moi-même mais j'ai lu quelque part, à plus d'un endroit, que les siamois sont parmi les plus fortes personnalités qui existent chez les chats, qu'ils sont joueurs, attachants, qu'ils aiment la vie domestique, la présence des gens autour d'eux, bien qu'ils n'aient en général qu'un seul maître. C'est sans doute le chat le plus attaché à son maître et celui qui exige de celui-ci une une présence attentionnée qu'il lui rend bien. On dit qu'il était aussi apprécié de la famille royale de Siam (l'ancienne Thaïlande) que des moines bouddhistes.

Or Harry n'était pas qu'un chat, pas qu'un siamois. C'était le compagnon depuis treize ans de ce garçon que j'aime. Harry avait été recueilli par la grand-mère de celui que j'aime et elle le lui offert au début de son adolescence ; il avait partagé sa vie durant toutes ses études et le début de sa vie professionnelle. On dit que le siamois développe avec son maître une telle complicité qu'on a l'impression qu'ils entretiennent une conversation intelligente ; c'était véritablement le cas entre Harry et son ami.

Harry devait quitter la campagne ce lundi pour rentrer avec ses deux amis, humain et canin, à l'appartement du centre-ville. Puisqu'il devait partir, abandonner son écorce terrestre, il a choisi le meilleur moment pour le faire. Il aura laissé passer les fêtes de Noël et du nouvel an, il y aura participé à sa façon. En annonçant hier soir qu'il ne pouvait plus retarder son départ pour l'autre dimension, il a permis à son maître et ami de lui donner la sépulture qu'il voulait. Un voisin lui aura fabriqué un petit cercueil et Harry aura été enseveli ce soir même dans le parc de celle qui l'avait recueilli il y a treize ans, comme elle a recueilli et soigné tant d'autres de ses frères du règne animal. S'il avait pu parler, Harry aurait su trouver les mots pour remercier cette femme extraordinaire qui, dans son cas, lui aura permis de vivre tous les bons côtés d'une vie princière, sans les aspects négatifs de la célébrité. Je suis sûr qu'au cours des derniers jours, il aura su dire par le regard ce « merci » qu'il ne pouvait prononcer.

Harry ne souffre plus et il a rejoint le paradis des chats. Sur Terre il ne sera jamais oublié de ceux qui l'ont connu. Pour ma part, jamais auparavant je ne me serai attaché à ce point à un chat. J'ai connu Harry bien tard mais il aura su, autant que son maître et ami, conquérir mon cœur. Ce cœur, il est bien lourd et malheureux ce soir en pensant à la peine de celui à qui Harry manquera le plus. Je lui souhaite beaucoup de force pour traverser cette épreuve et je l'assure de tout mon amour et de ma présence.

jeudi 26 juin 2008

L'amour des bêtes

Vous vous souvenez de cette vache prise dans la glace en avril dernier encore ? Alexander avait été très ému de voir cette pauvre vache passer l'hiver dans le froid, la saleté et la glace. Il voulait prendre l'avion et venir la dégager, lui faire un baiser et déposer sa tête sur son front. Le baiser et le câlin seront sans doute bienvenus, mais la pelle ne sera plus nécessaire : la glace a fondu et si, ailleurs, les pâquerettes ont poussé depuis lors, la vache dont j'ignore le nom a au moins trouvé un peu d'herbe à se mettre sous la dent.

Puisqu'Alexander a demandé de ses nouvelles, je suis allé la voir devant le Musée des beaux-arts de Montréal, ce qui m'a permis d'apprendre que cette vache s'appelle Claudia. Et si jamais le musée voulait s'en défaire, Alexander aimerait bien faire un peu de place dans son salon pour cette pauvre bête afin qu'elle ne passe plus l'hiver dehors.


Claudia, scuplture de Jos Fafard

Finalement je me demande qui, d'Alexander et de la vache, a le plus souffert depuis que j'ai affiché cette image, le 2 avril dernier. Alexander est un tendre, un humaniste et un grand ami des animaux. Il voudrait pouvoir alléger autant les peines ou les souffrances des enfants malades, des blessés, des personnes âgées laissées à elles-mêmes que celles des bêtes. Il a plutôt grandi avec des chevaux qu'avec des vaches, jouant aux cowboys avec son frère sur de vrais chevaux, mais quand on aime le noble cheval, que l'on développe avec lui une relation de respect et de complicité, on ne peut faire autrement que d'aimer tous les animaux. Je ne connais pas bien les chevaux moi-même (j'ai grandi avec un cheval à la maison, à la campagne, mais sans développer avec lui de relation particulière) ; j'ai cependant entendu assez de commentaires élogieux et lu suffisamment de pages consacrées à des relations privilégiées entre un cheval et son maître pour savoir que c'est loin d'être banal. Alexandre le Grand, par exemple, alors qu'il était adolescent, a réussi à approcher un cheval que personne d'autre ne pouvait approcher, à le monter et à s'en faire un complice ; Alexandre n'était pas un homme ordinaire, son cheval Bucéphale était un cheval d'une rare qualité et leur entente était remarquable. La complicité de Bucéphale, l'amour et la fidélité d'Héphaistion ont grandement contribué au succès et à la gloire d'Alexandre Le Grand (Alexandre ne survécut que trois mois à Héphaistion). Il y a sans doute une part de légende dans cette belle histoire, entre un homme et son cheval comme celle entre deux hommes, mais s'il n'y avait pas aussi une très grande part de vérité, les historiens n'auraient pas hésité à dénoncer une trop belle histoire.


Claudia, scuplture de Jos Fafard

J'ai souvent rencontré des gens qui aimaient les animaux, mais je n'ai encore jamais connu quelqu'un qui voue à tous les animaux un respect et un amour aussi sincère et profond que celui que leur porte Alexander. Enfant et adolescent, lorsqu'il voyait les adultes se préparer pour la chasse, il allait parler aux chiens, leur demandant de ne pas attraper le renard... S'il n'en tenait qu'à lui, il achèterait des croquettes pour tous les chats du pays afin que les chats n'aient plus besoin de manger les souris et les oiseaux. Les animaux blessés, à poil ou à plumes, feraient bien de se trouver sur son chemin car il les conduirait chez sa grand-mère, à la campagne, qui sait rapidement transformer en hôpital et en maison de convalescence une partie de sa propre maison ; même les oiseaux de proie sont heureux d'y séjourner, le temps de retrouver leurs moyens avant de recouvrer leur liberté.

Faut-il s'étonner qu'il soit végétarien ? Il aime tellement les animaux qu'il fait parfois des détours pour aller en saluer des représentations en pierre ou en bronze dans les jardins de sa ville. Il n'oserait pas sortir en plein hiver le chien de pierre qu'il a acheté pour son balcon. Et je n'ai encore connu personne qui, comme Alexander, prenne la peine de faire graver sur la plaque à côté de la porte de son appartement, à la suite du sien, le nom de son chien et celui de son chat.