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vendredi 4 septembre 2009

Pour saluer Éric C.

Cette photo d'Éric vient d'ici

Pour un certain nombre de personnes, l'été, si recherché par la plupart des gens, du moins par la plupart des Européens et des Nord-américains, est difficile à vivre. Il l'a souvent été pour moi ; il l'était pour Alexander et pour quelques amis (c'est peut-être quelque chose qui nous réunit : la hantise des grandes chaleurs, de la canicule, mais aussi le temps des grandes dispersions, chacun partant de son côté, du moins ceux qui peuvent se le permettre, alors que les autres restent sur place et se débrouillent avec ce qui reste en ville). Je sais que pour certaines personnes, c'est la saison de la grande solitude... Je ne suis jamais fâché de voir arriver le mois de septembre : on dirait qu'avec un peu de fraîcheur, les gens retrouvent leurs neurones et la vie reprend.

Je m'inquiétais de ne plus avoir, depuis quelques semaines, de nouvelles d'un ami parisien. Notre dernière conversation sur MSN remontait au trois août dernier. Il ne m'avait pourtant pas parlé de vacances en août et je savais qu'il devait aller en Bretagne vers la fin du mois de septembre et il me semblait anticiper avec joie ce séjour chez des amis.

J'ai connu Éric par le biais d'Internet, en même temps que plusieurs autres personnes, à l'été 2000, il y a donc plus de neuf ans. Nous ne nous sommes jamais rencontrés en personne mais nous avons eu quelques conversations téléphoniques et de nombreuses communications sur MSN, surtout depuis janvier 2008. Même si nous étions parfois quelques mois sans communiquer l'un avec l'autre, j'ai toujours eu l'impression qu'Éric faisait partie de ma famille, la famille choisie.

Depuis le printemps dernier, Éric était très heureux de ce nous vivions, Alexander et moi. Il était le seul, depuis l'automne jusqu'en juillet, à me demander tous les jours des nouvelles de « mon Petit Prince ». Certains jours, attendant des nouvelles de Londres ou alors que je venais d'en recevoir, je dois dire que j'étais très heureux de pouvoir parler d'Alexander avec Éric, de pouvoir lui parler surtout de mes inquiétudes parfois. Puisqu'Éric travaillait dans le domaine médical, je me méfiais toutefois de certains commentaires qu'il pouvait me faire ; il y a des choses que je ne voulais pas entendre. Toutefois, il m'a souvent donné de bons conseils et, lorsque je les ai mis en pratique, je m'en suis porté mieux. J'aurais souhaité qu'il se décide à mettre en application certains conseils que je lui ai donnés ; il me disait que je devais avoir raison puisque les professionnels qu'il consultait lui disaient la même chose.

Depuis deux ou trois ans, nous plaisantions, avec un autre Éric, d'Aix-en-Provence ; nous parlions d'ouvrir à trois une auberge, en Provence, justement, pour profiter des talents culinaires de notre ami provençal. Ce n'était qu'un jeu, mais nous nous sommes bien amusés, sur MSN, à parler de ce projet.

Éric était un grand amateur de films ; je crois qu'il n'y en a pas beaucoup qu'il n'ait pas vus, soit au cinéma, soit dans son salon en dvd. Il y a quelques années, il a joué son propre rôle dans un film de Patrice Chéreau, d'après un roman de Philippe Besson ; il m'avait envoyé un exemplaire du film en dvd. Éric aimait la photo ; je me souviens notamment de très belles photos rapportées d'Écosse, puis de Norvège (dont la photo ci-dessus).

Je m'inquiétais donc de ne plus le voir sur MSN depuis quelques semaines ; je me disais qu'il me boudait peut-être parce que depuis qu'Alexander n'y vient plus pour m'envoyer les baisers du petit lapin, j'avais moins envie de me connecter sur MSN. Je me proposais de lui écrire ce matin pour lui demander de ses nouvelles. Avant même que j'aie eu le temps de le faire, alors que j'allais prendre mon petit déjeuner, j'ai reçu un courriel qui m'a inquiété avant même qu'il soit ouvert ; l'objet du message disait simplement : « Éric ». Le message venait de Denis, le voisin et ex-compagnon d'Éric ; il disait simplement qu'Éric était décédé au début du mois d'août.

Je ne connais pas la cause de son décès mais, quelle qu'elle soit, elle est liée dans mon esprit au grand vide causé par le temps des grandes vacances, à la grande solitude des villes désertées et des neurones au repos.

J'espère, cher Éric, que tu es en paix, que tu as trouvé la sérénité de ce grand lac de Norvège et que tu es bien entouré, dans l'amour et la lumière.

samedi 1 août 2009

La vie continue...

Ces dernières semaines, on m'a souvent dit ou écrit que, malgré la douleur et le chagrin, la vie continue... Je sais bien que ce sont là des paroles très sages, que l'on ne saurait contester. Je le sais bien que la vie continue mais ces mots me blessent car ils semblent vouloir faire taire ma douleur en m'invitant à « passer à autre chose ». Et si ce n'est pas un scandale de voir la vie continuer son cours comme s'il ne s'était rien passé, c'est tout au moins un constat cruel. Comment la vie peut-elle continuer quand celui que l'on aime le plus au monde n'est plus là pour la partager avec nous, pour lui donner un sens ?

L'absence se compte en semaines, bientôt en mois, et pourtant je ne m'y fais toujours pas. J'ai l'impression que notre dernière conversation était hier et que je recevrai au cours des prochaines heures un nouveau message disant : « Hi, Honey ! I am back ! Je viens te dire combien je t'aime. Je vais faire une petite sieste et je viendrai te parler un peu plus tard... Plein de doux baisers et de tendres câlins. N'oublie jamais que je t'aime. Ton Alexander. »

Et pourtant, la vie continue, avec ou sans notre accord. Ma soeur aînée, ma marraine, célèbre aujourd'hui un anniversaire de mariage très important (mon beau-frère aussi, il va sans dire). La grande famille, les amis lointains comme les plus proches se réunissent dans une auberge de campagne où on leur servira des plats qu'ils ne pourraient manger ailleurs. Comme il fallait confirmer notre présence il y a quelques mois déjà, j'avais dit que j'y serais ; mais le coeur n'y est pas. Même si j'y étais, physiquement, je sais que je n'y serais pas vraiment... J'ai donc appelé ma soeur pour la prévenir que je n'y serais pas et lui offrir mes félicitations et mes voeux de bonheur. Elle a bien compris. Je m'organiserai pour aller leur rendre visite au cours des prochaines semaines.

De son côté, malgré son épuisement et sa terrible douleur devant la perte de celui qu'elle considère comme son fils, Jane a assisté au mariage de sa fille, il y a quelques jours, et elle a reçu toute la semaine la famille et les amis dont certains sont venus de loin. Les célébrations se poursuivent quelques jours encore. Le jour du mariage, la mariée a demandé aux invités d'associer Alexander à cette journée. Je sais qu'il n'aurait surtout pas voulu que ce jour heureux soit assombri par son départ ; il ne voulait surtout pas que l'on ait du chagrin, ni à cause de lui, ni à cause de quoi que ce soit. La semaine prochaine, Jane aura un peu de répit ; je lui souhaite, comme elle en a évoqué le projet, de partir en voiture avec Alexander le bouledogue, de rouler loin dans la campagne anglaise et, à la fin de la journée, de s'arrêter dans une charmante auberge, d'y prendre un délicieux repas, arrosé de bon vin, et d'y passer la nuit. J'aimerais faire la même chose, mais il me manque le meilleur ami d'Alexander.

J'ai reçu ce matin un courriel d'une autre lectrice fidèle et discrète qui me dit avoir trouvé hier, dans la vitrine d'un magasin de sa petite ville française, une superbe figurine en résine de Freddy Mer.cury, et qu'elle pensait l'offrir pour son anniversaire à son frère dont Freddy est l'idole depuis longtemps. En commentaire au billet précédent, Béo mentionne avoir regardé ces jours-ci un spectacle de Feddy Mer.cury, spectacle enregistré en 1982, année de naissance d'Alexander.

Je viens de recevoir l'appel d'un ami qui m'invitait à aller les rejoindre, un autre ami et lui, pour aller prendre un verre sur une terrasse. Il est trop tôt pour moi ; je verrai plus tard, vers la fin de l'après-midi, si j'ai envie d'aller « dans le monde ».

D'autre part, un ami parisien devrait arriver à Montréal aujourd'hui. Erwan, n'hésite pas à m'appeler.

Bonne Fête nationale à tous les Suisses !

La photo vient d'ici

Oui, la vie continue, malgré moi, magré tout. C'est ce que voudrait, c'est ce que veut Alexander.

mercredi 29 juillet 2009

... écrivez-moi vite...


Souvent les conversations sur MSN commençaient de cette façon et... quelques heures plus tard, elles se terminaient en véritable feu d'artifice de mots doux et d'émoticônes illustrant de multiples façons ce que disaient les mots...









Vous aurez peut-être remarqué que cette image qui me représentait sur les blogues (mais pas sur MSN) a été changée, le 7 juillet dernier, pour celle-ci :









J'utilisais déjà cette image sur MSN, suivie d'une citation tirée du premier tome de la biographie d'Alexandre le Grand par Mary Renault, ce livre qui ne quittait jamais Alexander, où qu'il soit, Le feu du ciel (Fire from Heaven) : « Héphaistion desserra son manteau et le drapa autour de leurs deux corps. »












Le message personnel d'Alexander accompagnant cette image était plus court mais non moins éloquent ; c'était une déclaration d'Alexandre le Grand à son ami Héphaistion : « I trust only you in this world. » (« Je n'ai confiance qu'en toi en ce monde. »)

Ai-je besoin d'écrire que cela fait partie de ce qui me manque horriblement ?

dimanche 26 juillet 2009

Ne me laissez pas tellement triste...


Le 10 juillet dernier, je recevais ce message dans ma boîte de courrier électronique. J'ai répondu en privé, avec plusieurs jours de retard, et je voulais reprendre ici quelques-uns des points soulevés par la fidèle lectrice. J'avais commencé un article que j'ai abandonné, la magie ayant déserté ce que je voulais dire alors.


Bonjour *Al.cib,
Je suis une fidèle lectrice qui ne commente que très rarement, et je vous ai déjà écrit, il y a un bon moment. Je suis très sincèrement désolée de la perte que vous vivez et je ressens votre peine. Vous avez, une fois de plus, écrit un très beau texte aujourd'hui, un hommage si touchant que vous nous faites comprendre un peu mieux qui était cet homme que vous aimiez tant et qui vous aimait lui aussi.
Le net crée des liens surprenants par leurs diversités mais aussi par leur force et leur authenticité. Je trouve merveilleux que la vie vous ait donné, à tous les deux, de vivre ensemble, bien que physiquement éloignés, la dernière année de sa trop courte vie. Je suis très triste de la déchirure et de la peine qui sont les vôtres aujourd'hui, mais je suis certaine qu'Alexander aura enrichi et pour toujours votre propre vie qui me semble avoir connu sa bonne part de difficultés (du moins, c'est que je perçois parfois à vous lire, bien que vous soyez d'une grande discrétion en ce qui vous concerne personnellement).
Je pense que vous avez raison d'associer le passage d'Alexander dans votre vie à celle du Petit Prince, c'est une analogie qui me semble tellement bien lui convenir si je me fie à ce que vous écrivez sur lui. J'espère que, comme aujourd'hui, vous continuerez à nous parler de lui, selon le rythme, la fréquence et le contenu que vous déciderez. J'ai l'impression que vous auriez voulu nous en dire beaucoup plus sur lui avant, mais que vous vous reteniez pour ne pas le rendre mal à l'aise. Les personnes les plus extraordinaires sont souvent les plus humbles et il faut faire attention à leur laisser leur marge de manoeuvre et leur espace et les entourer de la discrétion et de la simplicité qu'ils souhaitent. C'est en tous les cas ce qui me semble que vous avez si bien réussi.
Je suis pour ma part persuadée qu'Alexander sera toujours là pour vous. Soyez attentif aux détails, je pense qu'il vous fera parfois signe. N'avez-vous pas écrit, aujourd'hui, que le hasard n'existe pas au sujet de la chanson « Candle in the Wind » que vous avez entendue la nuit dernière ?
Il me reste à vous dire de prendre grand soin de vous, c'est ce qu'il voudrait, n'est-ce pas ? Soyez patient avec vous-même, avec votre peine, écoutez vos besoins, votre désir d'être soit entouré ou, au contraire, de vous retirer dans vos « terres ». Et puis, offrez-vous des petites douceurs, ce qui peut vous faire plaisir, comme une promenade tranquille, un bon bain chaud, offrez-vous quelques fleurs ou un livre. Je sais, cela peut vous paraître inutile et superficiel ce que je vous dis-là, mais cela ne l'est pas.
Traitez-vous avec la même douceur, patience et attention que si vous vous occupiez d'un très grand ami qui connaîtrait ce genre de deuil et de peine. Soyez ce grand ami pour vous. Je vous souhaite bonne chance et je vous porte dans mes pensées.
Au très grand plaisir de vous lire encore longtemps,
X Yz
(lectrice)


C'est très vrai que j'aurais eu envie toujours de parler d'Alexander car c'est l'un des plaisirs qui se rapproche le plus du bonheur de parler à Alexander. Et Alexander illustrait si bien cette observation que « les personnes extraordinaires sont souvent les plus simples ». Lorsqu'il m'arrivait de lui dire à quel point il était extraordinaire, il répondait toujours : « Je ne suis que moi, très ordinaire ». Selon son point de vue, il avait raison : il était si simple et spontané dans tout ce qu'il faisait qu'à ses yeux il ne faisait rien d'extraordinaire ; mais sa façon de voir les choses, d'être attentif aux autres, attentionné et généreux, l'amour qu'il avait pour tout ce qui est vivant s'ajoutant à l'amour des mots, des livres, de l'écriture et au respect pour tout ce que la culture et les traditions peuvent offrir de meilleur, l'aptitude à jouer de la musique, à soigner des malades, à confectionner tant de jolies choses, son amour de la moto comme celui de la nature, son intérêt pour les sports exigeants comme le polo et le rugby, sa capacité d'être à l'aise dans les grandes maisons comme dans le métro et dans une salle d'urgence, cet agencement unique de qualités, d'intérêts et d'aptitudes en faisait un être exceptionnel. Simple et discret, certes, mais d'une personnalité si riche et complexe qu'il est impossible de le cerner en quelques mots. Toujours le même, jamais déroutant, mais doté d'une créativité si grande qu'il ne cessait d'inventer des moyens de faire plaisir à ceux qu'il aimait. Vous avez aussi raison de dire qu'il « faut faire attention à leur laisser leur marge de manoeuvre et leur espace et les entourer de la discrétion et de la simplicité qu'ils souhaitent ». Je crois que, malgré toute l'admiration que je lui porte, j'ai su respecter sa discrétion. Il ne voulait pas de mon admiration ; il ne voulait que mon amour : Dieu sait qu'il l'avait... et qu'il l'aura toujours !

« Le net crée des liens surprenants par leurs diversités mais aussi par leur force et leur authenticité. » Après tout ce que les amis et moi avons écrit à ce sujet ces dernières années, s'il y a encore des gens qui en doutent, c'est... qu'ils ne nous lisent pas. Force et authenticité, voilà bien deux mots qui caractérisent Alexander aussi bien que les relations qu'il savait entretenir avec un certain nombre de personnes élues.


« Je trouve merveilleux que la vie vous ait donné, à tous les deux, de vivre ensemble, bien que physiquement éloignés, la dernière année de sa trop courte vie. » Je suis tellement conscient de ce privilège de m'être trouvé sur le chemin d'Alexander et d'avoir pu faire la route avec lui ces quinze derniers mois ! Si la douleur est si atroce en ce moment, c'est que je mesure justement l'ampleur de la perte, l'immensité de ce qui, avec lui, devenait possible et qui ne sera plus. L'avenir sans lui sera forcément différent mais, heureusement, personne ne peut nous enlever ce que nous avons vécu, tout ce qu'ensemble nous avons découvert et partagé.


Éphéméride du 26 juillet :
- Naissance, en 1856, de l'écrivain George Bernard Shaw
- Naissance, en 1888, de l'écrivain Marcel Jouhandeau
- Naissance, en 1894, de l'écrivain Aldous Huxley.

Le 26 juillet 1958, Charles Philip Arthur George, dit Charles d'Angleterre est fait prince de Galles.

Alexander était on ne peut plus patriotique. Il adorait son pays et, chaque fois qu'il devait s'en absenter, il apportait avec lui un peu de terre provenant du sol anglais. Il aimait beaucoup le prince Charles et il souhaitait qu'il soit couronné roi d'Angleterre le plus tôt possible, tout en étant conscient que sa mère, qu'il aimait moins, n'abdiquerait jamais. Je trouve dommage qu'Alexander n'ait pas pu vivre assez longtemps pour voir Charles régner sur l'Angleterre et sur le Royaume-Uni ; il en aurait été fier et heureux.
Le 14 novembre dernier, nous avons eu, Alexander et moi, une conversation qui, moi, m'a amusé et qui, sur le moment, a dû laisser Alexander un peu perplexe. C'est à la suite de telles conversations qu'il pouvait dire à son entourage : « Je ne peux rien cacher à *Al.cib ; il devine tout, il comprend tout ! » Ce dont je suis le plus fier, cependant, c'est de l'aimer, lui, et d'en avoir été aimé à ce point.

vendredi 24 juillet 2009

Amusant et... bien mérité

La nouvelle est trop amusante pour en priver les amis. Et nul être au monde, avec son obsession de « la loi et l'ordre » (quand ça l'avantage, bien sûr) et sa lutte acharnée contre la liberté d'expression, n'a autant mérité ce titre. Il faut lire l'article du magazine Le Point, du moins les premières lignes. Vous aurez compris que la nouvelle concerne celui dont je ne veux pas écrire ici le nom pour ne pas salir ce blogue.

Cela fera plaisir à une autre hystérique qui, cinq fois par semaine, envoie le même commentaire sur tous les blogues, dénonçant le sombre individu. Bien que j'aie beaucoup de sympathie pour sa cause, je demanderais à cette hystérique, qui veut poursuivre en justice le petit agité, de ne plus utiliser mon blogue pour répéter ad nauseam son message ; c'est inutile, je ne le publierai pas car ce blogue est mon espace personnel et non un tableau d'affichage de toutes les revendications.

Des nouvelles du front

Une lectrice aussi attentive que fidèle et discrète m'écrit :

« ... Je viens aux nouvelles. Vos deux derniers articles sont tous deux des citations et ils n'arrivent pas à me masquer le fait que vous n'avez rien écrit de consistant, rien qui parle de vous depuis une semaine... Ce n'est pas un reproche, c'est tout juste une constatation, une inquiétude.
« Que se passe-t-il ? Pourquoi, si vous n'êtes pas capable d'écrire actuellement, n'arrivez-vous même pas à écrire que vous n'êtes pas capable d'écrire ? Il me semble que cela vous ferait tellement de bien de vous exprimer, puisque votre blog a été au centre de votre relation avec Alexander, du moins son point de départ. Si tout ce que vous pouvez mettre en ligne actuellement sont des citations, vous pourriez alors trouver des citations qui parleraient pour vous, qui parleraient de votre peine et de ce grand vide. Je me trompe sans doute, mais il me semble que même juste le fait de les chercher et de les trouver vous aiderait, vous soulagerait un peu. Vous verriez, décrites par des gens qui ont aussi souffert, des formes de sentiments qui correspondent à votre souffrance qui me semble vous étouffer un peu. À moins que vous soyez très bien entouré dans votre vie réelle, avec des proches qui vous soutiennent. Si oui, ce serait bien aussi de nous le signaler, pour qu'on s'inquiète un peu moins... ;)
« Et je termine avec mon dada habituel parce que j'y crois : prenez bien soin de vous. »

Je veux d'abord remercier chaleureusement cette lectrice de sa présence attentive et de son assiduité, même si on ne peut pas lire ses commentaires sur le blogue. Je la remercie également de me donner l'occassion de donner quelques nouvelles.

C'est vrai que je n'arrive pas vraiment à trouver quoi que ce soit d'intéressant à dire à mon sujet. Ces quinze derniers mois, de plus en plus intensément, ma vie s'est organisée en fonction d'Alexander, avec Alexander... Un samedi soir, au cours d'une longue conversation il m'a dit qu'il devait aller à l'hôpital le lundi suivant pour y faire des analyses, que je ne devais pas m'inquiéter, qu'il serait de retour à la maison le lundi soir et que nous pourrions alors nous parler. Le dimanche midi, il m'a écrit encore plein de belles choses, comme il en avait le secret ; il allait passer l'après-midi avec sa voisine et amie et nous pourrions sans doute nous parler ensuite. Quelques heures plus tard, il m'écrivait qu'il croyait qu'il dormirait mieux s'il allait dormir à l'hôpital, qu'il n'aurait pas à s'inquiéter de se réveiller à temps pour s'y rendre tôt le lundi matin et qu'il serait ainsi mieux reposé pour subir les examens ; il me disait encore de ne pas m'inquiéter, qu'il était sûr que je comprendrais, et que nous nous retrouverions lundi soir. J'ai vite répondu que c'était une très bonne idée, que je penserais à lui, comme je le fais toujours, à chaque instant, et que je l'attendrais lundi soir. Or, ce lundi, c'est quelqu'un d'autre qui m'écrivait qu'Alexander ne rentrerait pas ce soir-là, que les examens avaient été difficiles et qu'il avait besoin d'un peu de repos... Puis les nouvelles devenaient chaque jour de plus en plus inquiétantes et... Alexander n'est plus jamais rentré chez lui.

Il y a la douleur, le chagrin, et il y a aussi que ma vie a été tellement associée à la sienne que je me trouve en ce moment désorienté. Je n'ai plus au réveil très hâte de me lever pour aller lire ses messages de la nuit ; je n'ai plus, en fin d'après-midi, envie de rentrer très vite de ma promenade pour le retrouver et passer des heures avec lui ; je n'ai plus, au moment d'aller dormir, envie d'envoyer encore un message avec les mots qu'il aime et des images ; entre le réveil et le moment d'aller dormir, mon emploi du temps n'a pas beaucoup de sens.

Certaines personnes, dont les créanciers, aimeraient bien que mon emploi du temps soit plus productif et plus rentable, mais je dois dire que ces derniers mois, mon coeur et mon esprit étaient ailleurs. Je connais trop bien les raisonnements des « grandes personnes » et, si on adopte leur point de vue, on doit reconnaître qu'elles ont sans doute raison. Mais en ce moment, je n'ai pas trop envie d'être une « grande personne ».

Je n'ai pas l'habitude de raconter ici mes petits et mes grands problèmes personnels, il me semble, et je ne crois pas que je commencerai aujourd'hui. Je n'ai jamais trouvé intéressant d'écrire et de partager avec les lecteurs, toujours plus nombreux que l'on serait porté à le croire, le fait que j'aie pris ou perdu cinq cent grammes ; j'ai sans aucun doute en moi une bonne dose de narcissisme mais pas au point de penser que cinq cent grammes en plus ou en moins peuvent intéresser d'autres que la personne qui les perd ou qui les gagne. Je ne crois pas que mes difficultés personnelles soient plus intéressantes. Je sais que c'est une question de style : tout peut se dire si on a le talent pour le dire ; il semble que je n'aie pas celui-là.

Cela dit, je ne suis pas inactif. Alexander avait énormément de projets en tête, moi de même ; ensemble nous avions ceux-là et, bien entendu, nous en avions d'autres que nous avions élaborés ensemble. Il est fort probable qu'un grand nombre d'entre eux ne verront jamais le jour, mais je m'efforcerai d'en concrétiser quelques-uns, je le dois à Alexander, je nous le dois. Les « grandes personnes » diront que ce n'est pas cela qui mettra du pain sur la table (je ne parle même pas du beurre sur les épinards, car il faudrait d'abord avoir des épinards...) Qui donc a dit que « plutôt que d'ajouter des jours à sa vie, il vaut mieux ajouter de la vie à ses jours » ?

« À moins que vous soyez très bien entouré dans votre vie réelle, avec des proches qui vous soutiennent. Si oui, ce serait bien aussi de nous le signaler, pour qu'on s'inquiète un peu moins... » Je ne suis pas seul, bien sûr, pour vivre ce deuil atroce. Je le vis avec notre petite famille, la petite famille que nous nous sommes choisie, Alexander et moi, composée uniquement de personnes que nous aimons beaucoup et qui nous aiment autant, de part et d'autre de l'Atlantique. La grande famille, officielle, vit sûrement ce deuil à sa façon, mais nous, la petite famille, le vivons ensemble. Pour ce qui est des amis, du moins les miens, ils me donnent l'occasion de vérifier une fois de plus qu'un deuil n'est pas attirant ; après les témoignages de sympathie, seuls les vrais amis restent, et ceux-là, peu nombreux, sont précieux. Ils ne sont pas en mesure d'aider en tout, mais leur présence, leur écoute est réconfortante.

Quant au conseil de prendre soin de moi, je vous le promets : dès que je le pourrai, je le ferai.

Depuis hier, il y a un nouveau carillon dans la maison. Il y avait déjà le Big Ben qui sonne toutes les quinze minutes ; il y a maintenant celui qui sonne quand le vent ou un geste de la main le met en mouvement. Le son en est très beau. Il a tout de suite reçu un nom, le même qu'un certain petit lapin et qu'un petit chien adorables...

lundi 18 mai 2009

Continuité et fidélité


L’article qui précède est le 700e publié ici. Je voulais le mentionner à la fin de l’article et, au moment de le mettre en ligne, j’ai oublié. 700 articles depuis octobre 2006, ce n’est pas beaucoup ; ce n’est donc pas pour tenter de vous impressionner que je souligne. Si j’avais publié un article par jour comme j’en avais l’intention au départ, j’aurais pu souligner il y a un moment déjà non pas le sept centième mais bien le neuf centième billet publié. Pour diverses raisons que vous devez comprendre sans que j’aie besoin de les énumérer, je n’ai pas écrit un article tous les jours. J’en ai commencé un très grand nombre que, pour toutes sortes de raisons aussi, je n’ai pas publiés, mais des brouillons, des ébauches, ça n’a d’importance, s’il y a lieu, que pour leur auteur ; un de mes professeurs d’université avait écrit un jour ce commentaire dans la marge d’un travail que je lui avais remis : « Que m’importe de savoir que vous avez des idées que vous ne partagerez pas avec moi, que vous avez écrit des textes que je ne lirai pas ? »

Sept cents, c’est tout de même un beau chiffre – j’ai toujours aimé le chiffre sept – qui mérite d’être mentionné. Il indique une certaine persévérance de ma part dans un projet amorcé. Je voudrais parfois qu’il y ait entre les articles publiés une plus grande cohésion, que ces articles aient un lien, un fil conducteur, peu importe lequel. Ce fil conducteur, si on veut en trouver un, c’est sans doute mon humeur du jour, mon besoin de confidence ou la simple envie de partager une information ou une indignation.

André Gide, Julien Green, et c’est vrai de très nombreux diaristes, ont souvent écrit que leur journal ne reflète pas exactement leur réalité car, la plupart du temps, il n’exprime pas les moments de bonheur. Certaines personnes n’écrivent que lorsque ça va mal ; d’autres, au contraire, ont besoin d’aller bien pour écrire. Chez certains, le silence est éloquent, parfois inquiétant. En ce qui concerne ce blogue, je n’aime pas trop les longs silences, car si ce blogue n’est pas un journal, et qu’il ne prétend pas refléter ma réalité, un silence de plusieurs jours indique que je suis trop occupé ailleurs, à vivre ou à travailler, ou préoccupé d’une façon ou d’une autre ; il peut indiquer aussi que j’ai du mal à exprimer ce qui se passe, que les idées ne sont pas forcément absentes mais parfois trop nombreuses, qu’elles veulent toutes s’exprimer en même temps ; en se dirigeant toutes ensemble vers la sortie elles en bloquent le passage et plus rien ne s’exprime…

Sept cents articles publiés, c’est aussi l’expression de la fidélité des lecteurs, que ceux-ci laissent ou non des traces de leur passage. Je sais que certains ont suivi ce blogue dès le début ; d’autres ont pris le train en marche et continuent de faire la route avec moi. Certains, moins nombreux, ont pris le train en marche et ont voulu remonter à la source, lire tous les articles et tous les commentaires ; je pense en particulier à l’un d’eux, infiniment cher à mon cœur : il se reconnaîtra. Je dois dire aussi que, très souvent, j’ai pris la plume pour écrire, au clair de la lune, à cet être plus cher que tout.

Ce n’est pas une raison pour négliger ce blogue car, comme me l’écrit cet amour, « il est triste de voir des lieux ou des choses qui ne sont plus assez aimés de ceux qui devraient en prendre soin ; les objets sentent cet abandon et alors ils se couvrent de poussière pour qu’on ne les voit pas pleurer. »

Un autre lecteur, ami fidèle et sage, m’envoie ce matin cette citation qui est plus généreuse que ce nous a toujours inculqué notre éducation judéo-chrétienne, qu’il faut souffrir pour payer nos moments de bonheur ; elle est du dalaï-lama, à qui je ferais davantage confiance qu’au chef de l’Église catholique pour assurer mon bonheur terrestre et céleste :

« ... L'autre ne va pas sans "moi", et selon le point de vue conventionnel, ce moi est indéniable. Nous en avons une authentique sensation, ancrée au plus profond de nous, qui se traduit par : "Je veux ceci", "Je ne veux pas cela". Ce sentiment d'être soi se manifeste très naturellement à nous et s'accompagne tout aussi spontanément d'un désir de bonheur et d'une répulsion pour la souffrance ; ce qui est non seulement naturel mais juste. Nous désirons être heureux, nous ne voulons pas souffrir : c'est parfaitement légitime. Nous n'avons même pas à nous en justifier. À ce titre, nous avons droit au bonheur et à ne pas souffrir. »
Dalaï-lama, Cent éléphants sur un brin d’herbe, traduction française par Lise Médini, collection « Point », Éditions du Seuil.

lundi 15 septembre 2008

N'ajustez pas votre appareil... (2)


...vos émissions préférées vous seront présentées dans un instant.

Nous sommes désolés de cette longue interruption des programmes, indépendante de notre volonté. Restez à l'écoute : la reprise des émissions commencera très bientôt.

lundi 25 août 2008

Absent pour cause d'anniversaire

De Moi à Moaaaa !

Je voulais écrire un long billet pour le 24 août, question de faire un bilan afin de mieux tourner la page et commencer un nouveau chapitre aujourd'hui, 25 août. J'ai cependant été occupé, pour cause d'anniversaire anticipé, et le billet est resté dans ma tête. Si la tête résiste aux festivités, je ferai peut-être ce billet un autre jour...

jeudi 7 août 2008

Heureux gagnant !

Il y a quelques jours, j'ai participé à un jeu concours sur le blogue d'un confrère et ami et... j'ai gagné ! Je n'étais pas seul ; il y a eu cinq gagnants. Je n'ai pas beaucoup de mérite ; il s'agissait d'être l'un des cinq premiers à donner la réponse à une question. Comme j'ai une connexion Internet à haute vitesse, j'ai pu trouver très vite la réponse et l'envoyer à temps.


Alors, hier, il y avait dans ma boîte aux lettres cette très belle carte que m'a adressée Vincent à l'Ouest. Merci, Vincent, et j'espère bien, en effet, avoir bientôt l'occasion de découvrir ta ville de mes propres yeux et de mes propres papilles gustatives.

Il me tarde en effet de goûter les bonnes choses bretonnes. J'en connais certaines, dont les crêpes, notamment celles au blé noir (sans gluten). Je connais aussi le far, le kouign amann (si je me souviens bien, j'en avais préparé un moi-même il y a longtemps, quand j'étais jeune et beau, d'après une recette tirée d'une carte postale envoyée par un ami breton). Le poisson au beurre blanc me fait déjà saliver. Je ne connais pas la cotriade, mais ça me semble tout aussi savoureux que la bouillabaisse. Le kig ar farz ne ressemble à rien que je connaisse, mais ça m'étonnerait que je n'aime pas du tout. Les huîtres de Belon, sans aucune hésitation. Comme j'aime tous les fromages, le curé nantais me fera pécher une fois de plus... à condition de ne pas venir à Nantes au début de l'hiver, si je comprends bien. Enfant, à la campagne, il m'arrivait de boire du lait ribot, que nous appelions alors, si je me souviens bien, lait de beurre puisqu'on l'obtenait lors de la fabrication du beurre ; je crois que maintenant on l'appelle plutôt « babeurre ». Bien que j'aie réduit ma consommation d'alcool, je veux bien goûter le chouchen breton. Quant à tous les poissons et crustacés, le plus difficile serait d'essayer de ne pas trop en manger.


lundi 12 mai 2008

Est-ce vraiment un sacrifice ?

On ne se rend peut-être pas compte à quel point l'avènement d'internet a révolutionné nos vies. Il m'arrive assez souvent d'y songer. Quand je pense que durant plus de huit ans, je n'ai pas eu de téléviseur chez moi et, lorsque j'ai décidé d'en acheter un pour suivre un peu plus l'actualité culturelle (l'émission Apostrophes, notamment), j'ai acheté un petit téléviseur noir et blanc. Pendant plus de vingt ans, je n'aurai écouté chez moi que de la musique classique, sur disques ou à la radio.

La modernité est entrée dans ma vie le 5 août 2000 par le biais d'Internet. Je l'ai raconté déjà dans un billet, le jour même où j'ai été connecté, je suis tombé par hasard sur un réseau au sein duquel je me suis fait de nombreux amis dont certains sont restés. La plupart d'entre eux étaient loin de chez moi, en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud, etc. Puis il y a eu un garçon de Québec qui, je l'ai raconté aussi, est venu poursuivre ses études à Montréal et s'est installé dans l'appartement voisin du mien ; son appartement était sa chambre alors que le mien était pratiquement devenu notre espace commun puisqu'il y était comme chez lui (et j'étais loin de m'en plaindre). Son départ a laissé un vide immense quand, après cinq ans, sa carrière professionnelle débutante l'a conduit au Danemark, puis à Las Vegas et ailleurs... Par l'intermédiaire de ce blogue, j'aurai fait la connaissance de quelques personnes que j'ai rencontrées dans la vie ; il y en a encore quelques-unes, pas si nombreuses, qui vivent à Montréal et que j'aimerais bien rencontrer.

Ces derniers mois, pour diverses raisons dont je parlerai peut-être un jour, je me suis réfugié sur mes terres intérieures. J'ai toutefois rencontré, il y a quelques semaines, un charmant garçon venu de Paris passer une semaine à Montréal ; j'ai fait la connaissance de Nicolas, beaucoup plus sympathique et intéressant que l'idée que j'avais pu m'en faire à la lecture des notes assez laconiques de son blogue. Nicolas aime plutôt les filles, mais je ne suis pas sectaire ; s'il le veut bien, je le reverrai avec grand plaisir, à Montréal ou à Paris...

En plus de la connaissance, virtuelle ou réelle, de plusieurs personnes que je n'aurais jamais connues sans Internet, cette technologie m'a permis de découvrir beaucoup de musique que je ne connaissais pas et de réentendre des airs connus auxquels je n'avais pas accès. J'ai passé quelques nuits à écouter de la musique pendant que quelqu'un d'autre, de l'autre côté de l'Atlantique, écoutait exactement la même chose au même moment. Élise se souviendra certainement des chaudes larmes que nous avons versées certains soirs ; quand je l'ai vue, chez elle près de Liège, il ne restait de ces complicités que des étoiles dans ses yeux, sur ses lèvres que le sourire, dans son cœur que la joie de nous retrouver. J'ai aimé beaucoup de musique qu'écoutait mon jeune voisin. Il en est souvent pour moi, avec la musique ou bien d'autres choses, comme les blés pour le Renard du Petit Prince ; ça ne me dit rien jusqu'au jour où quelqu'un que j'aime les aime. Dès lors, je me laisse très facilement apprivoiser...

Samedi et dimanche, je me suis senti un peu comme un célibataire d'occasion, sentiment que je n'avais pas éprouvé depuis si longtemps. Vous savez, ce sentiment qu'éprouve le jeune marié, par exemple, quand sa femme est absente pour un jour ou deux : il sent sa présence partout dans la maison, mais il est laissé à lui-même, libre et responsable de la gestion de son temps, de ses activités. Ce n'est pas désagréable, juste un peu déroutant. Ne sautez pas tout de suite aux conclusions ; les mots ont encore un sens et je ne suis pas ce jeune marié (si je me marie un jour, je vous en parlerai). Je voulais simplement en venir au fait que, samedi et dimanche, je me suis mis à écouter Elton John comme je ne l'avais écouté auparavant. Il y a du bon à rester décalé dans le temps : je peux me permettre de découvrir et d'aimer des musiques que la plupart des gens ont déjà oublié depuis longtemps.

J'ai donc écouté un grand nombre de chansons d'Elton John, en fichiers mp3 ou en vidéos sur YouTube ou Dailymotion. Deux d'entre elles (« Sacrifice » et « Nikita ») m'ont particulièrement attiré, au point de les écouter en boucle pendant très longtemps, samedi soir, et de recommencer le dimanche après-midi... Pourquoi ces deux-là en particulier ? Je ne sais pas exactement. Pour la mélodie, sûrement ; pour les arrangements musicaux, pour la voix d'Elton John que j'aime beaucoup, que je trouve émouvante (qui d'entre-vous n'a pas pleuré en le voyant à la télévision chanter « Candle in the Wind », devenue pour l'occasion « Goodbye English Rose », à l'enterrement de la princesse Diana ? On peut revoir ce moment en vidéo sur Dailymotion). J'accorde ici plus d'importance à la mélodie et à l'interprétation qu'aux paroles elles-mêmes. Il y a dans ces deux chansons, il me semble, le sentiment d'une absence, l'appel touchant d'un bonheur espéré, l'imploration d'un absolu à venir. Quelle qu'en soit la forme, la chanson n'est-elle pas toujours une façon de prier ?

Dans ces vidéos, on perd beaucoup de la qualité sonore, il me semble. Chez moi, en écoutant les fichiers mp3, j'aime monter le volume ; les hauts-parleurs branchés sur mon ordinateur sont de très bonne qualité. La perruche ne s'en plaint pas : elle a elle-même abondamment chanté et dansé sur ces deux airs.

vendredi 8 février 2008

Ils ont des chapeaux ronds...

Bien avant l'invention de réseaux comme celui de Facebook, auquel j'ai toujours refusé d'adhérer parce qu'il constitue une menace à la vie privée et une atteinte aux droits individuels, j'ai eu le plaisir d'appartenir à une communauté virtuelle qui ma permis de me faire de nombreux amis un peu partout, mais surtout en Europe et en France. Parmi les amis français, il y en a à Paris, dans les Yvelines, en Provence, en Normandie et, bien entendu, en Bretagne... L'un de mes grands regrets, c'est de ne pas être allé en Bretagne, mais je me promets de combler cette lacune avant de mourir (ce n'est pas que je sois pressé, mais il m'arrive d'y penser un peu tout de même, ne serait-ce que pour m'aider à établir des priorités).

L'image vient d'ici

Quand je pense à la Bretagne, je pense bien sûr à mon ami André, chez qui j'ai eu ma chambre à Paris, qui était originaire de Chateaubriand. Je pense à l'ami Didier, grâce à qui j'ai un peu mieux connu Montmartre mais qui n'oublie pas ses origines bretonnes. Je pense aussi à l'ami Vincent qui vit avec son ami près de Nantes et qui, depuis quelques semaines, est souvent en déplacement en France. Puis il y a l'autre Vincent de Nantes, celui de Complètement à l'Ouest avec qui j'espère bien manger des huîtres un jour prochain et qui, en attendant que je vienne, m'envoie certaines de ses bonnes recettes.

Et parmi ces amis bretons, il en est un que j'ai vu quelques fois à Paris lors de mon dernier séjour et avec qui j'ai maintenu, par courriel, par correspondance traditionnelle ou par téléphone (la dernière fois que je l'ai appelé, sur son portable, je croyais le surprendre dans un restaurant parisien en train de fêter son anniversaire ; or c'est moi qui ai été le plus surpris : il se trouvait sur une plage... en Espagne). Sur Internet d'abord, il s'est créé entre Erwan et moi une complicité ludique, partagée avec quelques autres cyberamis. Un soir, dans un restaurant du Marais, j'ai eu le bonheur d'être assis à côté d'Erwan alors que je ne m'attendais pas à le voir ce soir-là puisque nous avions convenu de nous rencontrer pour la première fois le lendemain après-midi ; il était venu avec d'autres amis et j'en étais absolument ravi. Un autre soir, nous étions sortis avec Sébastien et quelques autres amis dans les bars sympathiques du Marais et nous étions rentrés au petit matin...

Je n'ai hélas pas de photo d'Erwan (un soir, rue des Lombards, Sébastien avait pris des photos d'Erwan et moi mais la pellicule a été détruite... par accident : Sébastien a ouvert l'appareil avant le que la pellicule ne soit enroulée. Vive l'appareil numérique !) Si j'en mettais une ici, vous tomberiez aussi sous le charme de cet adorable Breton de Paris. Cet Erwan étant le premier que j'aie connu, je suis porté à penser que tous ceux qui portent ce prénom sont beaux, intelligents, amusants, attentionnés, etc. C'est ce que j'écrivais récemment à cet autre Erwan qui depuis quelques mois laisse parfois un commentaire sur ce blogue, mais que je n'ai pas encore rencontré en personne même si ce Breton vit à Montréal. Il y a un peu plus d'un an, l'ami Olivier de Montréal nous avait permis d'entendre sa propre voix dans le cadre d'un entretien radiophonique avec un autre Erwan...

L'image n'est pas bretonne, mais l'expéditeur est
un véritable Breton bien adapté à la vie parisienne

Si j'écris ce billet ce soir, c'est qu'en deux jours, j'ai reçu des messages provenant de trois différentes personnes dont le prénom est Erwan ; l'un d'entre eux a un certain rapport avec le sujet de l'un des billets précédents mais ses communications n'étaient pas motivées par l'un ou l'autre de ces billets... Le plus récent message reçu est cette carte postale que m'a adressée le bel Erwan de Paris. Nous avions un peu négligé les communications depuis un bon moment et voilà que, transmission de pensée, je reçois aujourd'hui même quelques lignes affectueuses de mon Erwan préféré, dont voici les derniers mots :


Bloavezh mat 2008, cher Erwan et tous les amis bretons ! Kenavo.