lundi 6 avril 2009

Arrabiata


Je ne suis pas particulièrement amateur de cuisine fortement épicée, qu'elle soit chinoise, mexicaine, thaïlandaise... Quand je vais manger au restaurant, je n'y vais pas forcément en compagnie d'un pompier ; je ne m'attends donc pas à avoir la bouche en feu. Il m'arrive cependant, sans nécessairement rechercher les plats les plus épicés, de manger des plats qui réchauffent ; au restaurant chinois près de chez moi, par exemple (ce sont des Chinois francophones, venus de Paris où les parents s'étaient établis il y a longtemps), j'aime commander une soupe fortement aromatisée au basilic et assaisonnée au gingembre et à je ne sais quelle autre épice. C'est une excellente soupe à commander l'hiver ou l'automne quand il fait froid ; en quelques minutes, elle nous fait transpirer. Je ne la choisis pas nécessairement pour son caractère fortement épicé mais pour le goût de basilic et de gingembre.

Puisque le printemps est dans l'air, j'ai décidé ces jours-ci de stimuler mon organisme avec des jus de légumes que l'on ne boit pas forcément tous les jours, en ajoutant aux légumes divers assaisonnements toniques.

Pauvre en glucides et malgré son goût sucré, la betterave apporte peu de calories ; elle contient, comme la carotte, surtout du potassium et, en quantité moindre, du magnésium ; la carotte fournit en plus la carotène dont nous avons besoin en anti-oxydants. J'ai donc mis dans mon mélangeur trois ou quatre betteraves de grosseur moyenne, une carotte, une pomme, une poire, trois gousses d'ail, une racine de gingembre, un peu d'huile d'olive, un peu d'eau afin d'obtenir un jus que je pourrais boire ; à la toute fin, j'ai voulu ajouter du poivre de cayenne qui, avec la betterave, le gingembre et l'ail, ferait réchauffer le sang et favoriser la circulation tout en éliminant le cholestérol. J'avais acheté le jour même un flacon de poivre de cayenne, que je n'avais pas encore eu le temps d'utiliser. Au moment d'ajouter le poivre de cayenne, le bouchon est tombé et avec lui quelques cuillérées de poivre ; comme tout cela est tombé dans le jus, il n'était pas question de retirer la poudre de cayenne (ça m'apprendra à mesurer les quantités dans des contenants vides avant de les ajouter à mes préparations).

Je savais bien que ce serait pour le moins épicé mais je n'avais pas envie de jeter mon jus de légumes que je m'étais donné tant de mal à préparer. Prenant mon courage d'une main et un morceau de fromage de l'autre, j'ai pris rapidement quelques gorgées de jus épicé, en prenant soin d'éteindre le feu avec une bouchée de fromage (il faut éviter de boire de l'eau quand une épice nous brûle la bouche ; l'eau ne fait que répandre plus encore l'épice dans la bouche).

En comparaison avec mon jus de légumes tonique, les pâtes all'arrabiata (« à l'enragée »), fortement assaisonnée de chili ou de pili-pili, sont comme un dessert à la crème.

dimanche 5 avril 2009

Pierre blanche - 5 avril

Franz Pforr, Saint-Georges et le dragon

S'il est une date parmi les autres qu'il convient de marquer d'une pierre blanche, c'est bien celle du 5 avril, et cela pour plusieurs raisons. La plus immédiate et la plus importante à mes yeux, c'est celle de l'anniversaire de naissance de quelqu'un que j'aime par-dessous tout et à qui j'ai offert en privé tous mes meilleurs voeux. Depuis plus de 51 semaines et quelques jours, j'attendais ce jour, en y pensant toujours, en rendant grâce pour ce cadeau du ciel.


Il est un autre anniversaire à souligner, le 5 avril ; c'est celui de la naissance d'un peintre allemand dont j'ai déjà parlé à quelques reprises dans ces pages, Franz Pforr, peintre dont j'ignorais l'existence il y a quelques années encore, que j'ai découvert en lisant l'un des romans de Dominique Fernandez, au titre évocateur et prémonitoire, L'Amour. Ce que je ne savais pas, alors, c'est que, plusieurs années plus tard, ce peintre disparu en 1812 jouerait un rôle si important dans ma vie, déterminant. Je lui en serai toujours reconnaissant et je le considèrerai toujours comme l'un de nos anges tutélaires.

Portrait de Franz Pforr, par
son ami Johann Friedrich Overbeck

Pierre blanche

Ce samedi 4 avril est un autre jour à marquer d'une pierre blanche. J'attendais depuis si longtemps ce jour, sans savoir quand il viendrait exactement. Longuement attendu, il est cependant arrivé sans prévenir. Je savais qu'il viendrait sans le demander explicitement...

M'inspirant du caractère de mon amoureux qui ne se plaint jamais, qui voit toujours le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide, qui sait rendre grâce de tout ce qu'il a plutôt que de regretter ce qui lui manque, je veux donc rendre grâce pour cette joie immense, pour ce moment intense survenu en début de soirée, samedi, et dont le retentissement se fait encore sentir, plusieurs heures après. Merci !

samedi 4 avril 2009

Amour et fidélité

« Ni vous sans moi, ni moi sans vous »,
Marie de France, le Lai du Chèvrefeuille, XIIe siècle.

Il y a différentes manières de vivre l'amour et diverses façons d'assumer l'engagement envers l'être que l'on aime. « Ni toi sans moi, ni moi sans toi », ça me convient parfaitement comme devise, adaptée de la citation de Marie de France,

On dit que l'on est amoureux lorsque l'« on pense constamment à une personne, quand cette personne nous manque et qu'elle est notre référence dans les gestes et les actes que l'on accomplit chaque jour.» Il y a de très nombreuses autres définitions de l'amour et de l'engagement, et de plus nobles ; toutefois, cette définition toute objective, basée sur l'observation, reste très vraie et quiconque m'observe un peu s'aperçoit vite que toute mon attitude, tous mes gestes, mon comportement confirment que cette définition s'applique tout à fait à moi. La richesse des pensées, la force de l'émotion, l'intensité des sentiments, la sincérité et la profondeur de l'engagement, la dignité de la référence se mesureront à l'aune des valeurs, des croyances et des qualités de chaque personne en cause. Et quand les mêmes valeurs et les mêmes croyances sont partagées, quand les qualités sont reconnues et admirées, c'est merveilleux.

Dans de telles conditions, l'amour partagé est un engagement de tout l'être et la question de la fidélité ne se pose même pas ; elle est implicite. Un animateur de la télévision française, plutôt sur le déclin en ce moment, avait l'habitude, dans son émission hebdomadaire dont il souhaitait que tout le monde parle, de poser aux invitées qui lui plaisaient la question suivante : « Est-ce que [ici, il nommait un verbe décrivant une pratique sexuelle précise] c'est tricher ? » Bien sûr la question avait surtout comme objectif de créer un malaise et de forcer l'invitée en question à se prononcer sur la notion de fidélité qui, bien entendu, aux yeux de l'animateur n'était pas une vertu essentielle, ni même souhaitable. Cette question, bien des gens qui se disent amoureux ou qui sont en couple se la posent plus ou moins ouvertement, se demandant jusqu'où ils peuvent aller dans leurs pensées, dans leurs fantasmes, dans leurs gestes, sans qu'on puisse parler d'infidélité. S'ils se posent la question c'est qu'ils ne sont pas en paix avec leur conscience, que leur comportement n'est pas en harmonie avec leur propre définition de la fidélité. On ne peut pas juger les autres car ils n'ont pas forcément les mêmes valeurs que soi ; chacun ne peut être « jugé » qu'en fonction de ses propres croyances. Certains s'en tirent très bien (pensent-ils) en ne croyant en rien, en ne respectant rien. D'autres ont de la fidélité une définition aussi élastique que le caoutchouc qui enrobe leur « amour » ; tant que le caoutchouc résiste, il n’y a pas de mal ! Autrement dit : ce que l’autre ne sait pas ne lui fait pas mal. Comme si sa conscience pouvait sans risque jouer à cache-cache. Que ce soit en affaires ou dans d’autres types de relation, quelle confiance pourrais-je avoir en l’intégrité de ces personnes ?

Mes amis français me pardonneront cette devinette car ils savent bien que tous les Français ne se ressemblent pas, mais elle me semble correspondre assez bien à l'image que l'on peut se faire par la littérature, le théâtre, le cinéma (et si je ne l'applique pas aux Québécois, c'est peut-être seulement parce que je n'ai pas vu assez de films québécois) ; mais je connais aussi de nombreux Français qui ne correspondent pas du tout à cette caricature. On demande donc à quelqu'un ce qui distingue un Nord-américain, un Anglais et un Français après l'amour. La réponse : un Nord-américain allume une cigarette, c'est bien connu ; un Anglais boit une tasse de thé, c'est évident aussi ; alors que le Français (du moins selon le cinéma) s'habille et... rentre chez lui.

Comme je ne fume pas, je suis plutôt porté à boire aussi une tasse de thé. Je ne condamne pas la façon dont chacun assume sa notion de fidélité. Pour moi, l'engagement est total et la fidélité est sans faille. Puisque je suis amoureux de quelqu'un de merveilleux, que je respecte, que j'admire, qui me fascine et que je vénère, il ne me viendrait jamais à l'esprit de penser à quelqu'un d'autre de manière ambigüe et trouble. Mon cœur, mon esprit, mon corps sont engagés dans une aventure merveilleuse, celle d'un amour partagé et fondé sur les mêmes valeurs non négociables.

Cet engagement absolu ne m'empêche absolument pas de vivre chaque jour ce qui compose une vie et de rencontrer des gens, quels qu'ils soient, sans arrière-pensée. Les quelques amis qui me connaissent bien ont vu la transformation positive qui s'est opérée en moi depuis que mon cœur s'est engagé. Il y a dans ma vie, me disent-ils, une plus grande constance et une plus grande sensibilité aux autres ; ils y voient une direction plus claire et une plus grande détermination à y tendre, à marcher vers une destination mieux définie, sans oublier que ce n'est pas tellement la destination elle-même qui compte le plus mais la qualité du voyage. Et ce voyage, je le fais en compagnie de celui que j'aime, avec la même foi, la même ardeur, le même amour et la même confiance qu'éprouvent les pèlerins sur le chemin de Compostelle, les vacanciers engagés dans une excursion longuement désirée, comme un helléniste sur le chemin de la lumière et de la connaissance... Sans m'enlever de la disponibilité, mon engagement amoureux profite donc aussi aux personnes que j'aime car la qualité de la relation que j'entretiens avec eux s'en trouve aussi améliorée. Cela est possible parce les liens qui nous unissent, mes amis et moi, sont clairs et sans ambigüité. Il suffirait que l'un d'eux ait des attentes, des visées qui débordent du cadre de l'amitié pour que ces relations manquent de transparence et, dès lors, puisque mon cœur est pris, que mes pensées suivent et que mon corps ne fera rien que ma conscience condamne (pour moi ; les autres font ce qu'ils veulent), pour que cette relation devienne impossible à moins que l'autre renonce à ses attentes envers moi.

« Avoir beaucoup d'amis, c'est n'avoir point d'amis. »
Aristote.


Héphaistion, bronze, musée du Prado

Alexandre le Grand, qui fut élève d'Aristote, a peut-être médité cette phrase de son grand maître mais son désir de conquête et de gloire l'a trop souvent détourné de son application dans sa propre vie. Alexandre, fils « de Zeus » et de Philippe de Macédoine, devait accomplir son destin et devenir Alexandre le Grand, négligeant pour cela, alors que ce n'était pas forcément incompatible avec sa mission, l'amour sincère et indéfectible de celui qui n'aimait que lui. Il fut très entouré mais il n'eut qu'un seul véritable ami, son fidèle Héphaistion, à qui il pouvait dire : « Je n'ai confiance qu'en toi dans ce monde. » Et pas une seconde de sa vie Héphaistion ne fut infidèle à son ami, à son véritable amour, son Alexandre. Je ne suis pas Alexandre le Grand et mon désir de conquête se limite à des conquêtes intellectuelles ; je n'aurai donc ni difficulté ni mérite à rester digne de l'amour et de la fidélité de mon Héphaistion.

Mes amis sont ceux qui se réjouissent avec moi de ce qui me rend heureux et s'attristent avec moi du contraire. Ils sont ceux qui veulent avec moi que je sois heureux et que je m'épanouisse dans la relation amoureuse que j'ai choisi de vivre pleinement, avec l'être que j'ai élu et avec qui je me suis engagé dans cette merveilleuse aventure de l'amour et de la vie. Quiconque essaierait de me détourner, de quelque façon que ce soit, de mon engagement, de ma fidélité envers celui que j'aime, ne serait déjà plus mon ami. Je n'ai pas eu à faire de choix déchirants mais je n'hésiterais pas une seconde à le faire s'il le fallait. Qu'il en soit ainsi !

mercredi 1 avril 2009

Marquée d'une pierre blanche

La photo vient d'ici


Pour plusieurs raisons, toutes apparentées, cette journée du premier avril est à marquer d'une pierre blanche.

lundi 30 mars 2009

30 secondes... en mars

Il y a quelques jours, Béo m'a invité à répondre à ce questionnaire. Je m'étais engagé à le faire ; il me semblait n'avoir rien à dire sur sur ces questions posées, mais en y pensant 30 secondes, il y a toujours quelque chose à dire mais il m'aura fallu un peu plus de temps.

Si tu pouvais partir n'importe où en avion, tout de suite, où irais-tu ? (3 choix possibles)
D’abord en Angleterre : Londres, la région de Cumbria, la région de Norfolk, la région de Cumbria, Stonehenge ; et, pourquoi ne pas faire un saut en Écosse, visiter les châteaux hantés, le Loch Ness, et un saut en Irlande.
Ensuite, la Grèce : Athènes, quelques îles, le Péloponnèse et, évidemment, Pella. Bien entendu, tout cela a du sens à condition que je ne parte pas seul.
Finalement, après avoir vu tout cela, j’aurais sûrement de nouvelles idées pour les destinations suivantes. Mais ce pourrait être Paris, d’où je pourrais partir à la découverte de régions que je ne connais pas, et aller voir des amis. Cela dépendrait de mon amoureux, car c’est d’abord à lui que je pense.

Hammam ou sauna ?
S’il faut choisir, je choisirais le sauna, à vapeur sèche, au bain de vapeur. Cependant, j’ai été membre durant un certain temps d’un centre où je pouvais, après le gymnase, passer à la piscine, au bain à remous, au bain de vapeur, au sauna, tout cela entrecoupé de douches, bien entendu.
Je cherche un endroit semblable qui ne sera trop encombrés de tristes individus qui n’aiment rien de plus au monde que leur propre corps.

Aliments détestés ?
Je ne vois pas. J’aime tout ce qui est bon, tout ce qui se mange. Si ce n’est pas bon, c’est peut-être parce qu’on n’a pas su l’apprêter.
C’est plutôt par principe que j’éviterais de manger certains aliments, comme de la viande, et tout particulièrement la viande de certains animaux.

La dernière personne que tu as eue au téléphone ?
Je suis content de rédiger ce billet à ce moment-ci, car la dernière personne à qui j’ai parlé ce soir est ma merveilleuse amie Pierrette qui, malheureusement, a eu un grave accident il y a quelques jours. Elle s’en tire mieux que l’on pensait. Je lui apporterai des fleurs mercredi.

Ta couleur préférée ?
Oh, ça dépend pour quoi. Le noir pour bien des objets et des vêtements, de même que le gris foncé. Le rouge pour certains objets, parfois. Le rose, pour des fleurs, des nappes, de la papeterie ; j’ai souvent eu aussi des chemises roses et je rêve depuis longtemps d’intégrer du rose dans une pièce. En décoration, le choix est vaste. Ce que je n’aime pas, ce sont plutôt les contrastes violents.

Dors-tu avec une peluche ?
Oui. J’ai eu, durant plusieurs années, un bel ourson couleur caramel. L’été dernier, un magnifique petit lapin rose aux grandes oreilles tombantes est arrivé et, depuis, il dort avec moi ; quelques mois plus tard, un petit bulldog est venu lui tenir compagnie et à moi par conséquent.


À 60 ans, le prince Charles, futur roi d’Angleterre, du Royaume-Uni, dort toujours avec l’ourson de son enfance, l’emportant partout où il va dormir. J’en connais d’autres qui ne dormiraient jamais, chez eux ou ailleurs, sans leur animal ou leur personnage préféré, en peluche ou en chiffon.

Tes blogues que tu lis chaque jour ?
Depuis quelques mois, je lis moins régulièrement les blogues que j’avais l’habitude de lire et je dois dire que je n’en découvre pas de nouveaux non plus. Je reste toutefois fidèle à quelques-uns de la liste de droite (que je devrais toutefois mettre à jour).

Peux-tu toucher ton nez avec ta langue ?
Je n’en vois vraiment pas l’intérêt. Je préfère mille fois mieux utiliser ma langue pour toucher quelqu’un d’autre, et pas n’importe qui, bien entendu.

Qu'as-tu envie de changer dans ton appartement ?
Tout, ou presque. J’aimerais bien pouvoir recommencer à neuf, n’emportant que des livres, des carnets, quelques objets qui ont une valeur sentimentale (comme mes petites théières, par exemple), et le contenu de mon ordinateur. Je ne tiens pas particulièrement à l’ordinateur lui-même.
En attendant, il faudrait un peu plus de rangement et la peinture aurait besoin d’être rafraîchie. J’en profiterais pour aménager un petit coin pour manger ou prendre le thé en tête-à-tête…

Quel est ton deuxième prénom ?
J’ai deux prénoms, avec un trait d’union. Je n’ai donc qu’un seul prénom, composé. Sans Joseph, ni rien d’autre. Mon amoureux, lui, en a toute une série, et je les aime.

Et ton surnom ?
J’ai toujours détesté les surnoms. Le jour où je me suis abonné à Internet, le 5 août 2000, j’ai eu besoin d’un pseudonyme : Alcib existe depuis cette date. Des amis, français pour la majorité, qui connaissent l’existence de mon pseudo m’appellent parfois Alcibounet.

Ta série TV favorite ?
Aucune. Je ne regarde pas les séries et presque pas la télévision. Je devrais avoir le courage de ne jamais l’ouvrir et prendre plutôt un livre ou encore des carnets pour écrire. Depuis quelques mois, la correspondance occupe une bonne partie de mon temps.

Le dernier film que tu as vu au cinéma ?
Au cinéma, en salle ? Ça remonte loin. Je crois que c’était « Souvenirs de Brokeback Mountain » ou, si l’on est en France, « Le Secret de Brokeback Mountain ».

Ta brasserie préférée à Paris ?
En ce moment, je rêve plutôt de pubs, à Londres ou dans les petits villages où les gens, jeunes et vieux, et même les chiens, chantent l’après-midi.

Sais-tu changer un pneu de vélo ?
Probablement, mais je préfère payer quelqu’un pour le faire.

En boucle dans ton iPod actuellement ?
Je n'ai pas de lecteur mp3, sauf' sur mes ordinateurs. Depuis quelques mois, je n’écoute que la radio sur Internet : BBC – Radio 3.

Café ou thé ?
Le thé, depuis très longtemps. Le café, le matin, me donne envie de déménager des meubles ; il est un stimulant musculaire. Comme je préfère travailler avec ma tête, le matin surtout, je bois du thé. L’an dernier encore, il m’arrivait de prendre du café l’après-midi quand j’allais lire ou écrire à l’extérieur. Maintenant, c’est un litre de thé noir le matin, genre English Breakfast, et l’après-midi, avec mon amoureux, du thé vert ; je ne bois peut-être un café qu’une fois par deux mois.

Crois-tu au « miracle » des crèmes amincissantes ?
Je crois aux miracles, mais pas forcément à celui-là. Ces marchands de crèmes et d’illusions ne feront sûrement pas d’argent avec moi.

Pour perdre à coup sûr 5 à 6 kg sans privation, tu fais quoi ?
Je bouge ; ainsi je ne me prive pas ; au contraire, j’ajoute un plaisir à ma vie.

Comment choisis-tu tes lectures ?
Je lis beaucoup moins qu’il y a quelques années. Mon amoureux, lui, lit énormément. J’ai souvent l’impression que ce sont plutôt les lectures qui me choisissent. Et il y a les affinités électives, les amis de nos lectures deviennent parfois des amis.

Tes bonbons préférés quand tu étais petit ?
Quand j’étais enfant, je me souviens que ma mère achetait pour Noël de grandes quantités de bonbons, pour faire plaisir aux enfants, bien sûr, mais durant la période des fêtes, il me semble qu’il y avait partout des plats de bonbons, comme de petits bouquets de fleurs. C’étaient des bonbons durs, aux couleurs vives et variées ; j’aimais beaucoup les rouges, mais il fallait au moins goûter à toutes les couleurs.

Puis il y avait aussi des réglisses. Je ne me souviens pas de la marque, mais ils ressemblaient à ceux-ci.


Depuis un an, j'adore ceux-ci :


Ton meilleur souvenir de rentrée scolaire ?
Je n’ai pas de souvenir particulièrement heureux de la rentrée ; c’était toujours un moment un peu difficile. Timide et solitaire, j’appréhendais toujours l’accueil que j’allais recevoir. J’aimais les heures de classe, un peu moins les récréations. Avant la rentrée scolaire, il y avait l’achat des vêtements pour la nouvelle année scolaire ; ces semaines qui précédaient la rentrée étaient plus excitantes que la rentrée elle-même car j’aimais me sentir bien habillé.

Ta grand-mère comptait-elle beaucoup pour toi ?
J’aurais aimé, oui, mais ma grand-mère était déjà très âgée quand j’étais enfant. Je parle bien sûr de ma grand-mère maternelle ; mon père n’a pas lui-même connu sa mère. Je n’ai pas bien connu ma seule grand-mère, et elle avait un trop grand nombre de petits enfants pour les connaître vraiment. Je compense en aimant les grands-mères des autres, comme celle de mon amoureux, par exemple, que je ne connais encore qu'à travers lui.

Que préfères-tu dans ton travail actuel ?
La liberté et la créativité.

Comment s'appelle ton chien?
Je n’ai pour l’instant, chez moi, qu’un chien en peluche. J’aime celui de mon amoureux, qui porte le même nom que lui. Ce que je voudrais faire, bientôt, c’est d’aller avec mon amoureux chercher un chien chez un éleveur afin qu’il soit notre chien, même si c’est moi qui devais m’en occuper le plus souvent. En Amérique du Nord, les chiens de race ne portent pas, comme en Europe, un nom qui commence par la lettre de l’année ; tous les noms sont possibles. J'aime toutefois l'idée que chaque année le nom du chien doive commencer par la même lettre ; en sachant son nom, on sait son âge (je ne suis pas sûr que les humains aimeraient qu'il en soit ainsi pour eux).

As-tu le mal de mer ?
Le vrai mal de mer, je ne sais pas. J’ai le vertige des hauteurs. Même au cinéma ou à la télévision, je dois parfois fermer les yeux devant certaines scènes.

Où aimerais-tu prendre ta retraite ?
J’espère ne jamais prendre de retraite. Mais j’aimerais pouvoir vivre une partie de l’année au Québec et une partie en Europe, ou vice-versa.

Si tu pouvais changer de job, là tout de suite, que ferais-tu ?
Vivre de mes droits d’auteur.

Dans quelle ville irais-tu vivre et travailler pendant une année ou plus si l'occasion t'était offerte ?
L’idée de travailler pour les autres ne m’intéresse pas trop. J’aimerais pouvoir travailler n’importe où, là où¸ ça me tente, à l’hôtel, à la campagne, à la montagne, au bord de la mer, jamais loin de mon amoureux.

Comme je ne sais pas trop qui a fait ou pas cet exercice, j’invite quiconque veut jour le jeu à indiquer en commentaire lorsque ce sera fait, avec un lien vers le blogue où il publié.


samedi 17 janvier 2009

Aimer, c'est partager...

« L'amour n'est pas seulement un miracle, né d'une rencontre. Il est jour après jour ce que l'on veut qu'il soit. Il commence lorsqu'on préfère l'autre à soi-même, lorsqu'on l'accepte tel qu'il est et qu'on l'aime dans sa totalité. Aimer, c'est partager des mots, des regards, des espoirs et des craintes, c'est vouloir que l'autre s'épanouisse, vive d'abord fidèle à lui-même. L'amour n'est pas un acquis ; il se construit chaque jour pour permettre le bonheur de l'autre, le bonheur des autres. » Martin Gray

Martin Gray n'a rien inventé dans cette définition de l'amour. Je pourrais en proposer une autre ; pour l'instant, celle-ci me convient.

vendredi 16 janvier 2009

Les miracles de la vie

L'image vient d'ici

Les miracles « ne se produisent que
dans l'âme de celui qui les attend
. »

Sefan Zweig, Les prodiges de la vie

Après une attente qui aura semblé une éternité, où tout pouvait basculer, la vie a repris le dessus. Il a ouvert de grands yeux, ces yeux magnifiques, pleins d'une saine gourmandise et de tendresse. Puis il a souri, il a parlé, il a mangé... La fièvre a beaucoup diminué. Il a de nouveaux des étincelles dans les yeux. Il remonte la pente...

jeudi 15 janvier 2009

C'est la nuit...


« C'est la nuit qu'il est beau
de croire à la lumière »

Edmond Rostand


Même en ce moment où tout espoir semble audacieux, je veux croire au miracle de la vie, au triomphe de la lumière sur la nuit.

mercredi 14 janvier 2009

dimanche 4 janvier 2009

Pour saluer Harry (Potter)

Croyez-le ou non, il y a un mois encore, je n'avais jamais vu un seul des films de la série « Harry Potter », sauf des extraits à la télévision. Or, après en avoir parlé récemment avec quelqu'un que j'aime beaucoup, qui a vu tous les films et lu tous les livres de la série, et qui a plusieurs raisons, s'il en faut, d'aimer ces histoires, ces personnages, ces décors, ces paysages, j'ai eu envie de voir d'abord les films. J'ai regardé hier soir le quatrième de la série, « Harry Potter et la coupe de feu ». Je dois dire que j'y prends beaucoup de plaisir. Je ne regrette pas de ne pas les avoir vus avant car je les découvre en ce moment avec un immense plaisir que je n'aurais pas connu si j'avais regardé ces films il y a un an, par exemple. Je pensais regarder ce soir le cinquième film disponible mais ce soir mes pensées sont toutes tournées vers un autre Harry (non pas le jeune prince du même nom mais un chat merveilleux dont le nom complet est Harry Potter), et mon cœur est tout entier avec son fidèle ami et compagnon des treize dernières années.

Il y a quelques semaines, le 18 novembre dernier, plus précisément, j'ai parlé des problèmes de santé que connaissait Harry et qui inquiétaient au plus haut point son ami, avec raison. Puis, le 22 novembre, je remerciais la déesse Bast car Harry avait pris du mieux et repris des forces. Depuis lors, il semblait aller aussi bien que possible. Il avait retrouvé sa joie de vivre et continuait de faire le bonheur de son maître et de leur ami canin.

Parti à la campagne pour célébrer Noël, Harry y avait trouvé un charmant petit lit joliment aménagé par la grand-mère de son ami, une bouillotte pour le tenir au chaud. Il s'était même permis de manger quelques fleurs du bouquet qui souhaitait la bienvenue à lui et ses amis humain et canin. Un soir, en montant à sa chambre, mon amour avait vu avec émotion Harry dormir dans son propre berceau de bébé...

Or, hier soir, Harry a fait comprendre que ça n'allait plus, qu'il était temps de partir. Peu après être rentré d'une promenade dans la campagne, mon amour a constaté que Harry avait donné tout ce qu'il pouvait, que la prolongation de sa vie terrestre ne pourrait se faire que dans la souffrance. Comme il le lui avait promis, mon amour était là au moment critique ; comme il le lui avait promis, quand il fut clair qu'il n'y avait plus de retour possible, il a fait lui-même l'injection qui mettait fin à une souffrance aussi subite qu'irréversible.

Je ne connais pas beaucoup les chats moi-même mais j'ai lu quelque part, à plus d'un endroit, que les siamois sont parmi les plus fortes personnalités qui existent chez les chats, qu'ils sont joueurs, attachants, qu'ils aiment la vie domestique, la présence des gens autour d'eux, bien qu'ils n'aient en général qu'un seul maître. C'est sans doute le chat le plus attaché à son maître et celui qui exige de celui-ci une une présence attentionnée qu'il lui rend bien. On dit qu'il était aussi apprécié de la famille royale de Siam (l'ancienne Thaïlande) que des moines bouddhistes.

Or Harry n'était pas qu'un chat, pas qu'un siamois. C'était le compagnon depuis treize ans de ce garçon que j'aime. Harry avait été recueilli par la grand-mère de celui que j'aime et elle le lui offert au début de son adolescence ; il avait partagé sa vie durant toutes ses études et le début de sa vie professionnelle. On dit que le siamois développe avec son maître une telle complicité qu'on a l'impression qu'ils entretiennent une conversation intelligente ; c'était véritablement le cas entre Harry et son ami.

Harry devait quitter la campagne ce lundi pour rentrer avec ses deux amis, humain et canin, à l'appartement du centre-ville. Puisqu'il devait partir, abandonner son écorce terrestre, il a choisi le meilleur moment pour le faire. Il aura laissé passer les fêtes de Noël et du nouvel an, il y aura participé à sa façon. En annonçant hier soir qu'il ne pouvait plus retarder son départ pour l'autre dimension, il a permis à son maître et ami de lui donner la sépulture qu'il voulait. Un voisin lui aura fabriqué un petit cercueil et Harry aura été enseveli ce soir même dans le parc de celle qui l'avait recueilli il y a treize ans, comme elle a recueilli et soigné tant d'autres de ses frères du règne animal. S'il avait pu parler, Harry aurait su trouver les mots pour remercier cette femme extraordinaire qui, dans son cas, lui aura permis de vivre tous les bons côtés d'une vie princière, sans les aspects négatifs de la célébrité. Je suis sûr qu'au cours des derniers jours, il aura su dire par le regard ce « merci » qu'il ne pouvait prononcer.

Harry ne souffre plus et il a rejoint le paradis des chats. Sur Terre il ne sera jamais oublié de ceux qui l'ont connu. Pour ma part, jamais auparavant je ne me serai attaché à ce point à un chat. J'ai connu Harry bien tard mais il aura su, autant que son maître et ami, conquérir mon cœur. Ce cœur, il est bien lourd et malheureux ce soir en pensant à la peine de celui à qui Harry manquera le plus. Je lui souhaite beaucoup de force pour traverser cette épreuve et je l'assure de tout mon amour et de ma présence.

mardi 2 décembre 2008

La réponse est « oui » !

J'ai peur dans le noir
J'ai les pieds froids
Je me tourne et me retourne
Je parle dans mon sommeil

(Pourrais-je dormir avec toi ?)
Traduction libre : Alcib

Dans ma boîte aux lettres, hier, il y avait cette carte avec un ourson, dont j'aime beaucoup la question. La réponse est « Oui », bien entendu. Surtout qu'au verso de la carte il a bien ajouté de sa main qu'il « promet de ne pas être sage du tout ».

samedi 22 novembre 2008

Merci à Bast


J'ai des nouvelles de Harry. Il va beaucoup mieux. Il a cessé de vomir et il reprend des forces. Merci à Bast d'écouter nos prières. L'encens et les bougies continuent de brûler devant son image.

Cette photo anonyme provient d'Internet

Quand à l'ami canin, il est comme moi : il n'a pas l'air trop malheureux mais il attend impatiemment le retour de son maître. Il traîne partout un pull que son maître lui a laissé avant de partir ; il retrouve dans ce pull l'odeur de son maître. Moi qui n'ai pas l'odorat si fin, en attendant de respirer son parfum sur lui-même, j'ouvre de temps à autre une jolie petite boîte bleue et j'y respire le parfum de celui que j'aime.

Comme le dit si bien l'amie qui me donne des nouvelles — et elle sait très bien de quoi elle parle car elle en a plusieurs chez elle — les animaux sont plein d'amour et de fidélité envers ceux qui les aiment. Certaines personnes devraient s'en inspirer.

mardi 18 novembre 2008

Prière à Bast

Nous, les humains, avons nos divinités ; certains ne veulent croire qu'en une seule, d'autres pas du tout. La plupart de ces divinités sont représentées sous forme humaine ; d'autres cependant sont représentées par des animaux ou par des choses. Chez les anciens Égyptiens, par exemple, les divinités peuvent apparaître sous la forme de bélier, de chacal, de chat, de chien et de la famille des canidés, de cobra, de crocodile, de faucon, de gazelle, de grenouille, de hérisson, de lion, d'oiseau, de scarabée, de serpent, de vautour, et de nombreuses autres formes animales.

Parmi ces divinités, il y a la déesse Bastet ou plus vraisemblablement Bast, représentée sous forme de chat, « protectrice des femmes et des enfants, détient le pouvoir magique qui stimule l'amour et l'« énergie charnelle », peut-on lire sur Wikipédia. On y lit également ceci : « Bastet est une déesse aux caractères antagonistes, douce et cruelle, elle est aussi attirante que dangereuse. Bastet est aussi le symbole de la féminité, la protectrice du foyer et la déesse de la maternité. Mais toujours en elle, sommeille le félin... »

S'il existe une divinité qui veille sur les chats, c'est bien Bast. C'est à titre que je l'invoque aujourd'hui, avec bougie et encens devant son image ; je n'ai pas la statuette, mais une image agrandie de celle ci :




Il y a lieu d'invoquer la déesse Bast pour veiller sur Harry dont les problèmes d'articulations causés par un cancer ont limité grandement les déplacements et les jeux depuis deux ans, sans affecter son humeur et sa capacité d'exprimer son affection.

Harry habite chez son maître depuis 13 ans, l'âge même qu'avait son maître au moment où ils sont devenus amis. C'est donc dire qu'il aura été pour son maître depuis 13 ans le fidèle ami de tous les instants, le témoin de son adolescence, de sa vie d'étudiant et de jeune adulte, le complice de tant de moments intenses, beaux ou tristes, compagnon de ses nuits de lecture ou de ses rêveries auprès du feu.

Cette photo anonyme provient d'Internet

Depuis deux jours, Harry ne va pas bien. Il est allé trois fois chez le vétérinaire en vingt-quatre heures. Le vétérinaire viendra ce mercredi matin l'examiner et, au besoin, lui faire une injection pour calmer les vomissements. Jamais son maître n'acceptera de voir souffrir son chat ; tant qu'il pourra lui maintenir une qualité de vie, sans douleur qu'il ne pourrait atténuer, il fera tout ce qui est possible. Les deux dernières visites chez le vétérinaire ont fait beaucoup de bien à Harry et, ce mardi soir, il avait pris du mieux. Hélas, son maître doit s'absenter durant une semaine, sans possibilité de reporter à plus tard cette longue absence qui le privera de l'affection de son chat et qui l'empêchera de veiller amoureusement sur lui. Heureusement, une très aimable voisine et amie accueillera Harry durant cette semaine et en donnera quotidiennement, par téléphone , des nouvelles à son maître ; évidemment, elle communiquera immédiatement avec le vétérinaire si l'état de santé devait s'aggraver.

En l'absence de son maître, je prendrai la relève pour demander à la déesse Bast de veiller sur Harry et de faire en sorte qu'il puisse continuer de faire le bonheur de son maître et de sa petite famille. J'ai devant moi une grande photo en noir et blanc sur laquelle on voit, en gros plan, Harry appuyé sur la poitrine de son maître, la tête posée sur son épaule ; il semble s'abandonner en toute confiance et, dans son regard qui me fixe en douceur, je peux lire : « Je compte sur toi pour m'aider à prolonger ce bonheur ! »



En 1985, Freddie Mercury avait dédié à tous les amis des chats du monde entier son premier album solo, « Mr Bad Guy ». En 1991, ce chanteur du groupe Queen a publié sur son album « Innuendo » une chanson intitulée « Delilah », dédiée à son propre chat ; dans cet enregistrement, son guitariste et lui se transforment en chats pour en imiter les miaulements. Ces chats ont tous un nom ; par exemple, le chat roux, c'est Oscar ; Delilha, c'est la chatte noir et blanc qui dort dans le panier rempli de linge ; le persan que Freddie Mercury embrasse sur le canapé, c'est Tiffany...


dimanche 16 novembre 2008

L'indispensable

L'image vient d'ici

« ... On s'habitue vite à être hypocrite avec soi-même et à croire que ce qui manque n'est pas indispensable. »
Dominique Fernandez, La Course à l'abîme

vendredi 7 novembre 2008

Tanguy


Puisque je le cite dans le billet précédent, aussi bien parler un peu ici de Michel del Castillo et, surtout, de son premier roman publié (en 1957, je crois), Tanguy, que je ne conseille pas à ceux qui cherchent de la littérature légère, de divertissement. Ce roman raconte la vie d'un petit garçon qui, pendant la guerre, abandonné par son père, manipulé par sa mère, connut les camps de concentration (entre 9 et 12 ans) ; il contient tellement d'horreurs qu'il est difficile de le lire sans pleurer à chaque page. Mais, comme il est écrit sur la quatrième de couverture de mon édition (Presses Pocket) : « ... C'est parce qu'il traversera toutes ces horreurs de la guerre et du monde des adultes avec un cœur d'enfant sans haine et sans amertume qu'il surmontera son désespoir et sera sauvé. »
J'en avais parlé une première fois en novembre 2005 et je me proposais d'en reparler ici depuis longtemps mais les livres de cet auteur ont tellement transformé ma vision des choses ces dernières années que je ne savais pas comment en parler, par quel bout l'aborder.
Au sujet de la réédition de 1994 de ce roman, Michel del Castillo écrit :
« Cette nouvelle édition d'un ouvrage que libraires et lecteurs ne cessaient de réclamer s'imposait plus encore après la parution de Rue des Archives, qui en éclaire les aspects cachés.
« Les deux ouvrages se répondent l'un l'autre. De Tanguy à Xavier, il y a toutefois plus que l'épaisseur d'une vie, il y a le vertige d'une horreur que je n'osais pas fixer, de peur de m'y abîmer. Premier roman de moi publié. Tanguy n'était pas ce cri du cœur que beaucoup voulurent y entendre. Il n'est pas le fruit de la nécessité biographique. Son modèle n'est pas le témoignage : il se trouve chez les auteurs que j'étudiais avec ferveur, notamment Dostoïevski.
« Je ne romançais pas ma vie, je biographisais le roman. C'est d'ailleurs sur ce point, l'exemplarité d'une enfance de guerre, de toutes les guerres, qu'insistait François Le Grix, mon mentor littéraire. C'est ainsi que les jeunes le lisent avec, dans leur tête, les images que la télévision leur assène. Aucun ne me demande si l'histoire est vraie, puisqu'elle se répète sous leurs yeux. Toujours et partout, du Rwanda à la Bosnie, du Viêt-Nam au Cambodge, ils reconnaissent le même enfant supplicié. »

Je ne cherche pas ce genre de littérature, habituellement ; pendant des années et des années, j'aurai été incapable de lire les livres de cet auteur, pas même Tanguy dont un ami m'avait recommandé la lecture il y a très longtemps. Bien que ce soit son premier roman, j'ai lu celui-ci une première fois il y a trois ans je crois, après avoir lu de nombreux autres livres de l'auteur. J'ai énormément pleuré en le lisant et, ces jours-ci, je suis en train de le relire et, en dépit de toutes les horreurs qu'on y trouve, je conserve le message d'espoir.
Je garde surtout une immense affection pour ce petit garçon, qui grandit peu à peu (il a maintenant 75 ans) ; et si je me suis tant attaché à lui c'est sans doute parce qu'il a traversé « toutes ces horreurs [...] avec un cœur d'enfant sans haine et sans amertume ». Il me rappelle en cela un autre cœur d'enfant, que je ne connaissais pas au moment de ma première lecture de ce roman, et qui, à le découvrir jour après jour, reste pour moi une constante source d'inspiration.

Aimer...


« ... Il ne se demandait pas "pourquoi" il l'aimait,
ni "
comment". Il l'aimait... »
Michel del Castillo, Tanguy

mardi 30 septembre 2008

Sous les ailes d'un ange...

Hier soir en lisant au hasard encore quelques pages d'un livre qui n'est pas un livre religieux ou spirituel, si ce n'est que la créativité est liée d'une façon ou d'une autre à la spiritualité, je suis tombé sur cette citation de saint François de Sales : « Faites-vous ami avec les anges qui, même s'ils sont invisibles, sont toujours à vos côtés. Invoquez-les souvent, louez-les constamment et faites bon usage de leur appui dans toutes vos activités, qu'elles soient temporelles ou spirituelles. »

L'image vient d'ici

Baptisé et élevé dans la religion catholique, j'ai toujours été conscient de la présence des anges dans mon univers religieux. Je me souviens qu'à l'école primaire, par exemple, on collait dans nos cahiers de jolis petits anges si nous avions bien fait nos devoirs et si nous avions obtenu une bonne note. J'ai aussi reçu une année, alors que je n'avais pas plus de huit ans, un petit ange musicien de plâtre peint, avec une jolie tunique bleue et des cheveux blonds dorés tirant sur le roux ; j'ai précieusement conservé ce petit ange.

L'image vient d'ici

Indépendamment de la représentation qu'on en fait, les anges sont considérés dans plusieurs cultures comme des messagers ; les religions en font, bien entendu, des messagers de Dieu. Religieux ou laïques, les anges ne sont-ils pas, dans tous les cas, des représentations de l'esprit, de l'idéal spirituel, des messagers chargés de nous aider à atteindre ce que nous souhaitons le plus, que ce soit de l'ordre affectif, moral, spirituel... Tous les anges n'ont pas la même fonction ; on pense aux enfants par exemple, dont la beauté et l'innocence nous font penser à la douceur et la pureté que certains anges apportent sur terre. Certaines personnes tiennent beaucoup à la présence de leur ange gardien, partout où ils vont, dans tout ce qu'il font...


Et vous, croyez-vous aux anges ? Que représentent-ils pour vous ? Sont-ils présents dans votre vie quotidienne ? L'ont-ils déjà été davantage, dans votre enfance, par exemple ? Avez-vous un ange attitré ou plusieurs anges comme plusieurs amis ? Comment les voyez-vous ? Leur donnez-vous une apparence précise ? Qu'attendez-vous d'eux ? Ont-ils un rôle précis ou interviennent-ils à tout moment dans votre vie ? Parlez-nous de votre ange, de vos anges.

samedi 27 septembre 2008

Petit garçon solitaire


Je remercie chaleureusement « Docteur Jane » de m'avoir fait parvenir cette merveilleuse aquarelle d'un petit garçon qui, avec des cheveux noirs plutôt que blonds, est le portrait un peu plus jeune du Petit Prince que nous aimons et qui est hospitalisé en ce moment. Je remercie « Docteur Jane » aussi pour son rôle doublement angélique : celui d'ange gardien et d'ange messager. Merci pour sa présence, fidèle et aimante, auprès de lui durant ces jours difficiles et pour avoir si bien su, avec tant d'amour et de délicatesse, transmettre de part et d'autre la confiance et la détermination ainsi que les mots tendres qui permettent à chacun de retrouver chaque jour le sourire. Merci de poursuivre sa mission, le temps qu'il faudra...

Rassurons-nous, il n'a pas l'intention de retourner tout de suite sur son étoile et nous ne le laisserons pas partir. Il a encore trop de bonnes choses à vivre parmi nous, trop de bien à accomplir sur Terre, et nous avons trop besoin de lui. Et puis nous sommes au moins quelques-uns à avoir été séduits et conquis par son indéfectible amour. Le nombre importe peu ; ce qui compte, c'est l'amour inconditionnel que nous avons pour lui, en essayant d'être vraiment dignes du sien.

Il y aurait tant à dire à son sujet ! Discret, et même timide, il n'aime pas que l'on attire trop l'attention sur ses innombrables qualités. Et puis, en essayant de dresser son portrait intellectuel et moral, je ne manquerais pas de faire de nombreux jaloux. Je me limiterai à deux mots qui le résument assez bien : merveilleux et adorable. Merveilleux, comme un être venu d'ailleurs, qui n'aurait pas connu le péché originel ; il sait voir immédiatement ce qu'il y a de bon en chacun et s'apprête à faire confiance ; comme il est loin d'être bête, il sait aussi tout le mal que chacun peut faire. Adorable pour tous ceux qui savent s'arrêter de courir, tous ceux qui ont un cœur et à la bouche des mots vivants plutôt que des chiffres. Merveilleux et adorable, il n'est pas que poète : il est lui-même poésie.



Si l'on préfère la version chantée par Nana Mouskouri, on peut l'écouter ici

vendredi 26 septembre 2008

Rendre grâce

Dans les moments difficiles, il n'y a pas que... des difficultés.

Ces derniers temps (encore ? seront tentés de demander certains d'entre vous, avec raison), j'ai du mal à écrire, quoi que ce soit, où que ce soit. Je peux expliquer ce blocage en partie par une série d'occupations et surtout de préoccupations ; je n'ai pas l'esprit libre pour imaginer autre chose que la prochaine action nécessaire. Mais cela, ce n'est pas nouveau : je n'ai jamais été très habile pour me rendre la vie facile et confortable. Adolescent, j'ai dû être absent quand on a enseigné cette leçon et personne n'a songé à me prêter ses notes de cours. J'ai pourtant bien appris plus tard, en autodidacte, tout ce qui fait une vie agréable, mais je n'ai pas appris comment l'obtenir.

Et je suis fait d'une bizarre de façon : si rien ne bouge autour de moi, en moi surtout, il me manque l'élément déclencheur, « l'émotion de départ », écrirait Yves Navarre. Il me faut une émotion. Et si tout bouge, c'est trop. J'ai besoin de laisser retomber la poussière, de prendre un peu de recul. Je peux écrire au milieu de la circulation, à condition d'écrire sur autre chose que la circulation et à la condition de ne pas être écrasé par les voitures. Les émotions, ce n'est pourtant pas ce qui manque ces temps-ci !

Bien sûr, de savoir qu'un être que l'on aime doit être hospitalisé, c'est toujours un peu inquiétant, quelle que soit la cause de l'hospitalisation. Quand le séjour prévu se prolonge, l'inquiétude augmente encore un peu. On a beau avoir confiance et essayer de conserver sa sérénité, l'anxiété augmente au fil des heures, puis au fil des jours. Une bonne nouvelle rassure un moment et le cycle de l'attente recommence. Quand les nouvelles arrivent, qu'elles soient rassurantes ou pas, il y a une tension qui se libère, tension que l'on n'avait pas forcément senti grandir en soi avec l'anxiété. La tension relâchée, on apprécie la bonne nouvelle parmi les autres et l'on se sent apaisé... jusqu'à ce que l'on se demande ce qu'il y a autour de la bonne nouvelle...

Je crois que, malgré tout, j'ai toujours été plutôt optimiste. J'ai tendance, dans bien des situations, non pas à nier la réalité mais bien à essayer de l'examiner le plus lucidement possible, pour essayer de voir ce que l'on peut en faire, comment on peut l'améliorer.

En ouvrant au hasard un livre pris au hasard, un livre sur la créativité, je suis tombé sur un passage très intéressant sur les blocages. L'auteur y dit, en résumé, que très souvent, lorsque l'on se sent dans une impasse, bloqué ou agité, ce n'est pas forcément parce que l'on n'a pas d'idée, pas de projet mais plutôt, au contraire, parce qu'il y en a trop et que tout se présente à la sortie en même temps. L'une des façons de s'en sortir, alors, c'est de faire quelque chose, peu importe quoi, du moment que c'est utile : mettre de l'ordre sur le bureau, dans nos tiroirs, plier des vêtements, cirer des chaussures, aller faire une promenade... Un autre truc, c'est de terminer quelque chose que nous avons commencé : une lecture, le ménage dans sa chambre, le classement de nos papiers, le rangement des disques, etc. Le secret, c'est de libérer de l'énergie pour permettre à la créativité, qui n'aime pas être bousculée ou coincée, de s'exprimer en toute liberté... Ça semble marcher.

Une question qu'il ne faut pas oublier de se poser, de temps à autre : « Quand, la dernière fois, est-ce que j'ai eu du plaisir à faire quelque chose ? » ou « Quand ai-je vraiment ri la dernière fois ? » Si on a du mal à se souvenir, il serait peut-être temps d'y voir. Dans mon cas, je me souviens très bien : c'était lundi et mardi d'avant, en soirée. Avec un charmant jeune homme, sur MSN, nous nous sommes amusés à trouver des émoticônes pour représenter notre univers et les êtres qui le composent. Nous y avons pris beaucoup de plaisir et nous avons ri, vraiment, donnant raison à Chateaubriand, qui écrivait : « Le vrai bonheur coûte peu ; s'il est cher, il n'est pas d'une bonne espèce. »



Je ne me souviens pas avoir autant « exploité » mon réseau de connaissances, mon entourage immédiat, que ces dernières semaines, appelant parents et amis pour leur exposer clairement ma situation, après avoir pris de leurs nouvelles, bien entendu. Cet exercice m'aura permis, d'une part, d'avoir des nouvelles des parents et des amis et, d'autre part, de connaître les limites de chacun.

Au cours des derniers jours, des amis, même éloignés, ont vraiment été présents - je dirais même : surtout les amis éloignés. Sans nécessairement connaître le détail de mes inquiétudes et de mes préoccupations, des amis m'ont téléphoné de France, certains appelant plusieurs fois dans la semaine. D'autres amis français ont surtout été présents sur MSN, prenant chaque jour des nouvelles. Des messages de soutien et de réconfort sont venus aussi d'Angleterre... Je ne nommerai personne pour ne pas faire de jaloux, mais je les remercie tous du fond du coeur. Et je suis désolé pour ceux, au loin, à qui je n'ai pas permis, en ne leur donnant pas de nouvelle, de me témoigner leur amitié et leur soutien.

Autre agréable surprise : en voyage sur la Côte d'Azur, Pierre-Vincent de Nantes (qui n'est pas V. à l'Ouest) m'a adressé une carte de Grasse. Je pourrai lui rendre la politesse ; pour l'instant, je veux rendre grâce à tous ces amis qui, tout au long de la semaine, ont été présents.

Et pour rendre grâce à ceux qui, il y a un moment déjà, ont participé à un concours et qui ont gagné une carte postale, j'enverrai finalement les cartes que j'ai achetées il y a quelques jours.

dimanche 21 septembre 2008

Tendres pensées...

pour quelqu'un qui est hospitalisé depuis samedi.

Dans un livre qui a apporté tant de lumière et de joie sur tant d'ignorance et de solitude, l'un des héros reçoit d'un ami une image montrant « un ange bleu près d'un enfant rose » ; au dos de cette image se lisait cette « prière à l'ange gardien d'un enfant absent », que je reprends volontiers à mon tour :

« Ange gardien de celui que mon cœur vous nomme, veillez avec plus de soin sur lui. Rendez ses pas faciles, ses travaux féconds. Essuyez ses larmes, s'il pleure ; sanctifiez ses joies, s'il en a ; relevez son courage, s'il se sent faible ; ranimez l'espérance, s'il se désole ; la santé, s'il souffre ; la vérité, s'il s'égare ; le repentir, s'il succombe. »

Tous mes voeux de prompte guérison, mon petit Lapin. Je t'aime.

Harper et le fondamentalisme canadien

Le premier ministre Stephen Harper, à la tête d'un gouvernement conservateur minoritaire a choisi récemment de déclencher des élections générales au Canada, violant ainsi son propre projet de loi faisant en sorte que les élections canadiennes aient lieu tous les quatre ans à la même date. Les Canadiens — et les Québécois — iront aux urnes le 14 octobre prochain.

Le parti Conservateur que dirige Stephen Harper est issu de la droite la plus conservatrice canadienne, à l'image des fanatiques religieux qui ont porté le président Bouche au pouvoir aux États-Unis. Formant un gouvernement minoritaire depuis les dernières élections, les Conservateurs n'étaient pas en mesure de faire adopter toutes les lois rétrogrades et répressives qu'ils auraient voulu faire adopter. Parmi les projets qui sont restés en suspens, de simples projets comme : la recriminalisation de l'avortement, l'abolition du mariage pour les personnes de même sexe, la censure imposée au contenu culturel des émissions de télévision et aux productions artistiques bénéficiant d'une forme quelconque de financement public, etc. Les Canadiens n'ont pas encore vu le vrai visage de ces gens-là et jusqu'où ils sont prêts à aller pour replonger le Canada dans l'obscurantisme et les valeurs de la droite radicale, où les intellectuels et les artistes devront faire la preuve de leur parfaite adhésion aux valeurs morales de ces fondamentalistes d'origine albertaine. Les Canadiens n'ont encore rien vu.

Ce gouvernement qui prétend avoir reconnu la nation québécoise n'a pas fait un seul geste pour que cette prétendue reconnaissance ait un sens pour les Québécois. Ce gouvernement continue de mentir effrontément à la population, avec le plus beau sourire hypocrite de son premier ministre. Ce gouvernement cache les rapports, contrôle l'information pour empêcher les Canadiens de connaître la vérité sur les gestes concrets et sur les scandales glissés sous le tapis par l'appareil politique du premier ministre. Et pourtant, un peu comme au Québec où le premier ministre Jean Charest est d'autant plus populaire que son gouvernement ne fait absolument rien, se laisse porter par la vague, il semble que les Canadiens — pis encore : les Québécois de même — s'apprêtent à donner un mandat clair à ces gens hypocrites, menteurs, cachotiers, et dont les véritables intentions sont habilement camouflées sous un enrobage sucré et tout à fait écoeurant. Je n'ai pas toujours compris les choix des Canadiens, mais là je ne comprends absolument pas que mes concitoyens québécois s'apprêtent à élire une majorité de députés conservateurs qui ont beaucoup de mal à camoufler leur intégrisme religieux. Il suffit de voir avec quelle subtilité le cardinal Turcotte a plus ou moins laissé entendre qu'un gouvernement conservateur serait plus favorable au rétablissement du pouvoir clérical dans la société. Il suffit de penser que l'une des candidates du parti conservateur est membre de l'Opus Dei, cet organisme plus ou moins secret défendant au sein de l'Église catholique les valeurs les plus rétrogrades. Ce ne sont-là que deux exemples parmi des dizaines et des dizaines d'autres.

Ce gouvernement conservateur continue de voler éhontément la caisse de l'assurance-chômage, caisse financée par les travailleurs et les employeurs qui a accumulé un surplus de cinquante-sept milliards de dollars. La caisse de l'assurance-chômage devrait servir à aider les personnes qui ont perdu leur emploi. Il y aurait des pages et des pages à écrire sur ce scandale créé par le gouvernement libéral de Jean Chrétien, par l'entremise de ma propre députée de l'époque, Lucienne Robillard (les Québécois n'ont jamais été si bien trahis que par les leurs). Le gouvernement de Stephen Harper se garde bien cependant de rendre étanche la caisse de l'assurance-emploi afin d'éviter que son gouvernement et les suivants ne fassent des cadeaux politiques à même l'argent des chômeurs ou que ces fonds ne servent à acheter de l'équipement militaire pour aller tuer des gens dans le monde alors que le Canada a toujours eux un rôle de maintien de la paix.

La bêtise (pardon, chers animaux) et l'obscurantisme ont poussé ce gouvernement à abolir des programmes destinés à favoriser la création et à promouvoir la culture. La suave Josée Verner, ministre du Patrimoine, autre Québécoise, abolit 16 programmes sur lesquels comptent les artistes et le milieu culturel et court se cacher sous son bureau pour éviter de justifier sa décision et de répondre aux questions ; elle n'est pas la seule : tous les ministres de ce gouvernement ont appris à jouer à cache-cache pour laisser toute la place au premier ministre Harper (comme dans une secte religieuse, dans ce gouvernement et au parti conservateur, seul le chef de la secte, le gourou, peut s'adresser aux médias). Ces programmes destinés à favoriser la création artistique et la promotion de la culture ne coûtaient pourtant à ce gouvernement qui ne sait que faire de ses surplus budgétaires que 60 millions de dollars. Pour ce gouvernement, ce n'est rien 60 millions de dollars, mais pour les arts et le culture, c'est indispensable à leur survie. Ce gouvernement d'incultes et de moralisateurs intégristes, ces Talibans nord-américains ont fait le pari que d'affamer les artistes, le milieu de la culture, ne susciterait aucune réaction au sein de la population. Le pire, c'est qu'ils ont raison ! J'ai vraiment honte d'être Québécois ! La majorité de la population, du moins celle qui s'exprime, et qui ne dit mot consent, considère les artistes et le milieu culturel de façon générale comme des parasites. J'ai honte et je cracherais au visage de qui oserait me dire dans les yeux que, de manière générale, les artistes sont des parasites (il y en a un certain nombre, bien sûr, et de très connus en plus, mais je ne les nommerai pas, seulement pour rire).

Monsieur et Madame Tout-le-Monde peuvent bien penser que les artistes et le milieu culturel reçoivent trop d'argent : le bon peuple a le droit d'être ignorant et stupide. Les dirigeants politiques, cependant, n'ont pas le droit de faire semblant de ne pas comprendre, même s'ils sont complètement bornés et stupides comme plusieurs membres de ce gouvernement conservateur, que chaque dollar investi dans les entreprises culturelles rapporte à la société onze fois plus. Derrière l'abolition des programmes destinés à financer la création et la diffusion de la culture, ce ne sont pas des économies financières que cherche à faire ce gouvernement, mais bien une façon d'obliger le milieu culturel à se soumettre à certaines évaluations morales, évaluations faites par les conservateurs, évidemment, de manière à ce qu'aucune production artistique financée de manière quelconque par des fonds publics ne vienne heurter les valeurs intégristes de ces Talibans* en costumes-cravate.

À la suite d'un sondage biaisé auprès de la population canadienne (avec une question du genre : « Trouvez-vous que la radio et la télévision publiques coûtent trop cher aux pauvres contribuables ? »), ces Conservateurs incultes et qui méprisent la culture, l'information et la communication, s'apprêtent à sabrer encore dans les budgets de Radio-Canada et de CBC (Canadian Broadcasting Corporation). La ministre du Patrimoine, responsable de la langue et de la culture dans ce gouvernement a déclaré qu'« elle n'est pas inquiète » au sujet de la radio et de la télévision publiques ; une telle déclaration, aussi stupide et insignifiante qu'à peu près toutes les déclarations de cette potiche, n'a rien de plus rassurant que celle des Talibans qui auraient déclarés qu'ils n'étaient pas inquiets pour les libertés, pour la culture, pour les bouddhas sculptés qu'ils ont fait dynamiter... (Rappelons qu'en mars 2001, ces « fous de Dieu », au nom de l'iconoclasme intolérant, ont fait dynamiter les deux bouddhas sculptés de Bâmiyân, vieux de 15 siècles. Nos Conservateurs bon teint auraient sûrement applaudi ce geste qui va à l'encontre de la culture et de la civilisation.)

Le milieu artistique québécois se mobilise. De nombreuses manifestations sont prévues au cours des prochains jours. L'un des moyens utilisés pour dénoncer l'obscurantisme des conservateurs est la production de cette vidéo montrant un artiste francophone s'adressant à un comité du gouvernement canadien chargé d'évaluer une demande d'aide financière. Comme il se doit, pour bien refléter la réalité canadienne, les membres de ce comité sont unilingues anglophones... En quelques heures, cette vidéo a été vue jeudi dernier, jour de son lancement, par 40 000 internautes. Depuis deux jours, plus de 160 000 internautes l'ont vue. Elle circule abondamment, tout le monde en parle. C'est plutôt rafraîchissant à voir et à entendre, au lieu d'écouter les paroles creuses que l'on sait pertinemment mensongères de Stephen Harper et de son équipe d'incompétents, néanmoins dangereux.

C'est ce que je pense et que j'exprime spontanément en cette fin de soirée du samedi 20 septembre 2008.


samedi 20 septembre 2008

Ce qu'ils sont bêtes !

Il y a près de trois mois, un coq avait été condamné à l'exécution par la justice française parce que l'éclairage public lui faisait prendre la nuit pour le jour et qu'une voisine l'avait accusé de tapage nocturne. Moins de deux semaines plus tard, la justice suisse exigeait qu'un autre coq soit enfermé toute la nuit dans une cage insonorisée. Cela rappelle les procès que l'on faisait aux animaux vers la fin du Moyen-Âge. Hier, l'Agence France-Presse rapportait qu'en Égypte, un âne avait été condamné à la prison pour vol.



Un âne égyptien a été condamné à vingt-quatre heures de prison pour avoir subtilisé du maïs dans un champ du delta du Nil, a indiqué jeudi le quotidien pro-gouvernemental Al-Ahram.
La bête a été arrêtée en possession d'épis de maïs appartenant à un centre de recherches agricoles de la région.L'animal et son propriétaire ont été appréhendés à un barrage de police, érigé sur la route après que le directeur du centre eut porté plainte pour vol.
Le propriétaire de l'âne voleur a été, lui, condamné à 50 livres égyptiennes d'amende.
Le journal n'a pas précisé si la condamnation d'un animal était une première en Égypte.


Je connais quelqu'un qui, à la maison de campagne au Québec qu'il partage avec son amoureux, garde un âne et un poney ; il adore vraiment ces deux bêtes. Il m'en parle avec tant de respect et de tendresse qu'il me donnerait envie d'avoir des animaux aussi si j'avais une maison de campagne ; je le soupçonne d'avoir une préférence pour son âne. J'imagine qu'il a des voisins intelligents et qu'il se tient loin des juges car il n'a jamais eu de problèmes avec la justice et ni son chien, ni son poney ni son âne n'ont causé d'histoire, sinon des histoires attendrissantes.

On a l'habitude de dire de quelqu'un d'un peu stupide qu'il est bête. À lire toutes ces histoires de procès et de condamnations à l'égard des animaux, on se dit que les plus stupides, ce ne sont pas les bêtes et que, si les humains continuent de qualifier de bêtes les personnes stupides, les animaux intenteront bientôt des procès contre les humains pour atteinte à leur dignité. Se faire qualifier de bête sera alors un hommage que les animaux refuseront aux humains.

Toutefois, et l'on pourra en sourire et ne pas être d'accord, certains pensent que le fait d'intenter un procès à des animaux est une marque de « respect envers l'animalité » et une forme de « reconnaissance de leur droit à l'existence ». Remy de Gourmont écrivait en 1914 un texte en ce sens, intitulé les animaux et la justice.

vendredi 19 septembre 2008

Un baiser...


On ne sait pas tous refuser un baiser, qu'il soit cochon ou pas...

lundi 15 septembre 2008

N'ajustez pas votre appareil... (2)


...vos émissions préférées vous seront présentées dans un instant.

Nous sommes désolés de cette longue interruption des programmes, indépendante de notre volonté. Restez à l'écoute : la reprise des émissions commencera très bientôt.